Enquête : Les pâtissiers profitent le plus de la fête de fin d’année

Les festivités de fin d’année sont une occasion propice pour vivre un moment de joie partagé. C’est aussi une opportunité conviviale pour savourer une indicible satisfaction du travail réalisé le long de l’année. Certaines boutiques deviennent magiques alors que places publiques et boulevards s’illuminent de décorations scintillantes. Mais au-delà des considérations festives et glamours que procurent de telles fêtes, c’est aussi une occasion propice pour certains commerces pour se mettre en évidence et amplifier leurs chiffres d’affaires. Pâtissiers, fleuristes, grossistes d’articles cadeaux, fournisseurs de lampes de décoration, bougies parfumées ou personnalisées et autres gadgets de circonstance submergent les espaces commerciaux.  Les fleuristes avec leurs multiples décorations florales attirent les plus réticents. De la fleur de fin d’année au sapin le plus décoré la marge d’affaire varie selon la demande. Un client moyen peut débourser jusqu’à 120 DH pour un bouquet garni en fleurs de saison. «La fin d’année étant une période de vente à l’instar de la journée du 8 mars, de la fête des amoureux (14 février), celle des mères (3 juin) et de la période des mariages en août», confie Youssef Attar, un fleuriste de la place.
Dans certaines grandes métropoles, l’engouement pour les fleurs est tel qu’on se croirait en pays des fleurs. La fin de l’année est aussi un moment privilégié pour offrir des présents au personnel, aux amis et parents. Les montres sous toutes leurs formes; les livres surtout les primés de fin de saison; des nounourses pour les enfants. Ces derniers sont en vogue et se vendent à partir de 8 dirhams jusqu’à 160 dirhams selon la taille et la forme. Les parfums sont aussi au rendez-vous avec un choix des plus pléthoriques. Porte-clés, stylos, briquets, portefeuilles et autres accessoires complètent la gamme des friandises de circonstance.
Les fêtes de fin d’année et plus particulièrement les fêtes de Noël ne peuvent se faire sans la traditionnelle bûche de Noël. Les pâtissiers décorent leurs bûches avec de petites amusettes en plastique, représentant les repères du Noël avec le Papa Noël, le houx, la scie, le sapin, la rose, le nain de jardin ou lutins, le champignon ou même des bougies miniatures en plastique ou en bombons sucrés. Le prix de ces dernières dépend de la taille et des ingrédients et oscille entre 100 et 240 DH. La consommation des gâteaux pâtissiers, pourtant dégustés le long de l’année, pulvérise des records en cette fin d’année ainsi bûches de Noël au chocolat, gâteau roulé à la confiture, des caramels, des carmélites, cœur du Nouvel An, les orangettes enrobées d’amandes croustillantes et de chocolat, les bûches glacées, les macarons glacés, les feuilletés salés sous leurs différentes formes en quiche, tarte pizza, gougère, allumette fromage ou noix, biscuit aux éclats d’amandes et de caramel, mousse noisette et cœur fondant au caramel, un vrai régal pour l’œil et la «gourmandise». Les prix de ces gâteaux varient de 30 dirhams à 200 DH. Les gâteaux typiquement marocains sont de plus en plus prisés. Et les pâtissiers réalisent des mariages ahurissants ente le beldi marocain et la circonstance du Nouvel an. Les prix de nos délices varient entre 80 et l80 DH le kilo.
Le commerce des calendriers, agendas et cartes de vœux qui connaissaient une frénésie exceptionnelle à cette occasion, est en train de fléchir. A part quelques articles réalisés sur commande et vendus à certaines entreprises ou sociétés pour qu’elles les offrent à leurs clients réguliers. Les papeteries tablent sur l’originalité et la qualité pour s’en sortir. L’enthousiasme généralisé d’il y a à peine quatre ou cinq années a faibli en intensité. Des cartes communes représentant des paysages, fleurs, animaux domestiques, enfants et fillettes, des versets coraniques ou monuments historiques sont vendus à partir d’un dirhams. D’autres qui sont mieux perfectionnées sont vendues à huit, ou douze dirhams. Ce sont les cartes sonnantes qui ont le vent en poupe chez les moins jeunes.
«Les MMS, les SMS et l’Internet ont donné un coup de massue à cette activité. Tout le monde utilise le portable pour souhaiter les meilleurs vœux. Ce qui fait que j’ai des produits et des cartes qui datent d’il y a deux ans que je n’ai pas encore écoulé», avance Abdelilah Karrachou, un libraire d’Oujda. Et d’ajouter, qu’il fut un temps où la vente des cartes de vœux de fin d’année durait plus de deux mois. Ce commerce jadis fleurissant n’a plus la cote chez les jeunes qui étaient des clients assidus. Ils ont opté pour d’autres moyens pour communiquer leurs messages. «Les nouveaux moyens de communication sont plus pratiques et moins coûteux. En plus on n’a pas à chercher beaucoup pour trouver des cartes virtuelles gratuites à expédier pour souhaiter la bonne fête ou transmettre des messages», explique une jeune qui est très satisfaite des services de l’Internet.
Cependant, plusieurs associations de bienfaisance recourent à ces cartes et calendriers pour entretenir leurs trésoreries et financer leurs actions sociales. Ainsi des calendriers sous différentes formes allant du cubique au spiraliforme sont acquis par les partisans de la générosité déguisée.
Ceci dit l’échange des vœux de sérénité et de joie à cette occasion est devenu aussi habituel que les vœux échangés à l’occasion des fêtes ancrées dans notre référentiel culturel.
 

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