Enquête : quel sort pour les animaux abandonnés ?

Enquête : quel sort pour les animaux abandonnés ?

Très vite on s’attache à un petit animal de compagnie et l’on décide de l’adopter pour le meilleur et pour le pire. Cependant, une fois passé les beaux jours de câlins et de douceur, le petit animal devient partie intégrante de notre vie et souvent remplit un vide profond en nous. Alors, sous le charme de ses petits yeux pleins d’amour ou ses petits gazouillis matinaux ou alors ses ronronnements de tendresse, on se jure de ne jamais plus le quitter. Jusqu’au jour où notre allergie devient trop évidente ou trop gênante ou une grossesse se déclare négative à la toxoplasmose au sein du foyer, là tous nos sens basculent.
Le verdict du médecin est clair et net, il faut se débarrasser de l’animal. Le docteur ne sait pas qu’il vous demande de vous séparer de votre moitié, d’un membre de votre famille, de votre petit bout de chou. Sauf qu’il faut savoir être raisonnable, et ne pas mettre votre vie ou celle d’un proche en danger. Dans ce cas, la question à 1.000 dollars se pose, où va aller votre petit compagnon? Premier reflex, vous pensez à votre famille et à vos amis. «Avec ma femme, nous avons adopté un petit chaton qui a 9 mois maintenant, il est adorable et n’est jamais sorti de notre appartement que pour aller chez le vétérinaire. Mais, le médecin nous a interdit de le garder à cause de la grossesse de ma femme. On ne savait plus à qui se vouer. Personne de nos deux familles respectives n’a voulu le garder le temps que ma femme accouche», explique Ahmed, un jeune Casablancais. Aussi, quand ces derniers vous ferment la porte au nez, il faut passer à autre chose.
Le moyen le plus facile à exploiter ce sont les annonces sur Internet. Un bon nombre de sites de la grande toile offrent des services d’échange ou de placement d’animaux domestiques. Une photo de votre compagnon, une petite fiche sur son état de santé, vos coordonnées et le tour est joué. Cependant, une fois que l’on fait un petit tour pour voir les animaux à vendre ou à confier, on se rend très vite compte que ce serait une énorme erreur de faire subir cet affront à votre petit animal. En effet, la plupart de ces sites Internet ont été créés par des gens qui aiment les animaux et qui ne veulent pas les voir aller à la rue. Mais, le sort en a voulu autrement et ces sites ont très vite viré au service des organisations de combats de chiens ou autres animaux. Bien sûr, ce n’est pas le cas de tous, mais prudence oblige, on ne sait jamais. «Quand toutes les portes nous étaient fermées, nous avons pensé en dernier lieu aux associations de protection des animaux», témoigne Ahmed. En effet, il existe des petits foyers d’accueil pour les animaux mal traités ou abandonnés, si rares et si discrets qu’on peut les compter sur le bout des doigts. C’est ainsi que cette enquête a mené ALM à l’un de ces centres dans les périphéries de Casablanca. Accueillis par le sourire d’un petit bout de femme de près de 60 ans, nous ne pouvions que constater l’état hautement délabré des lieux. Un enclos de 10m2 avec 30 chiens qui tous attaquent le plus faible pour le dévorer, plus loin, une file d’attente avec les fermiers des parages qui attendent leur tour, une bête au bout de la corde, pour voir le seul vétérinaire des lieux. La petite dame nous explique, «beaucoup de gens viennent nous voir pour abandonner leurs animaux. Ils pensent tous, qu’ici, ils seront bien et vivront heureux ou alors trouveront un autre foyer d’accueil. Mais, il n’en est rien. Des associations comme cela, il en existe que trop peu et nous sommes débordés, voire dépassés par le nombre d’animaux qui arrivent tous les jours. En plus, personne ne vient ici pour adopter un animal. Nous en avons de toutes les sortes et plus d’espace où les mettre. Pour les employés, ce sont tous des volontaires et nous avons vraiment besoin de toute l’aide financière et humaine possible». Une situation précaire qui mériterait un peu plus d’attention de la part des autorités concernées. Pour revenir à Ahmed, ce dernier déçu et surtout inquiet pour le devenir de son chat a catégoriquement refusé de l’abandonner dans de telles conditions. Heureusement pour lui, son histoire se termine plutôt bien. Il raconte, «arrivé avec ma femme au foyer, la situation des lieux ne nous motivait plus pour nous séparer de notre chat. Et c’est là que nous avons rencontré une charmante dame en sanglots. Elle avait confié son chat le temps d’une semaine au foyer, ce dernier, n’arrivant pas à s’adapter, s’est laissé mourir de faim. La mort dans l’âme, elle s’est proposée de prendre notre chat pour la durée de la grossesse. Et aujourd’hui, nous avons toujours de ses nouvelles et notre chat est le plus heureux de tous les chats d’être tombé sur une personne aussi gentille».
Une belle fin qui n’est pas celle de tous les animaux qui se retrouvent malencontreusement à la rue abandonnés ou dévorés par d’autres animaux plus habitués à la rude vie de la rue. Résultat de l’enquête, à aujourd’hui il n’y a pas de structure réellement adaptée pour accueillir les animaux abandonnés. Appel donc à tous les dons et les bénévoles qui par amour aux animaux pourraient donner un coup de main aux associations déjà existantes.

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