Enquête : Substances psychoactives : La prévention au coeur de l’action

Enquête : Substances psychoactives : La prévention au coeur de l’action

Dans un contexte caractérisé par l’augmentation de la consommation du tabac et des drogues, l’usage et la dépendance aux drogues dans les milieux des jeunes restent des plus alarmants. Face à ce constat, le Centre Al Raed pour la prévention du tabagisme et drogues a lancé sa deuxième campagne de sensibilisation du 23 au 29 mai dans la ville d’Agadir et plus précisément dans les différents établissements scolaires de la ville de Dcheira. Une campagne qui vise à sensibiliser aux risques de la consommation des substances psychoactives. Certes, la sensibilisation reste le seul acte préventif susceptible de changer les donnes et de dénoncer les risques des drogues sur la santé et l’avenir des jeunes. «Il importe aujourd’hui de tirer la sonnette d’alarme quant aux risques qu’encourent notre société et notre jeunesse et de mobiliser tous les pouvoirs sur cette problématique. L’objectif de cette campagne est de sensibiliser non seulement les jeunes dans les établissements scolaires mais aussi les parents et la société civile aux dangers liés à la consommation des drogues», souligne Mokhtar Errida, président du Centre Al Raed. «La consommation ou l’addiction aux drogues a des répercussions sur le consommateur et l’ensemble de la société. Les substances psychoactives sont aujourd’hui l’une des premières causes de viols, d’agressions, de meurtre et d’emprisonnement», explique-t-il. Pour mémoire, l’OMS a remplacé le mot drogue par le terme substance psychoactive qui est définie comme étant une substance naturelle ou synthétique qui agit sur le psychisme modifiant ainsi son fonctionnement. Elle peut entraîner des changements dans les perceptions, l’humeur, la conscience et le comportement. «Nous manquons aujourd’hui de statistiques au niveau de la région pour pouvoir avancer des chiffres représentatifs de la situation actuelle. Les seuls chiffres qu’on a au niveau du Maroc sont issus des enquêtes élaborées par des associations et non d’étude nationale actualisée. Cependant, nous constatons à partir de notre travail sur le terrain une augmentation alarmante de la consommation des drogues dans les milieux des jeunes notamment dans les lycées et collèges», exprime Errida Mokhtar. «Certes, quatre indicateurs nous révèlent aujourd’hui la gravité de la situation et dont nous citons l’âge de la première prise qui a beaucoup avancé ainsi on trouve des cas de jeunes enfants du primaire qui ont déjà fumé leur première cigarette. Nous notons également l’augmentation de la consommation des drogues au milieu des filles et même constat pour la poly-consommation et l’augmentation des cas de suicide ou d’intoxication suite à la consommation de drogue», explique-t-il. En effet, les données recueillies sur des cas d’intoxication par les drogues et déclarées au Centre antipoison du Maroc (CAPM) font ressortir entre 2004 et 2008 que «la mixture appelée «Mâajoun» était la plus incriminée (62,6 %), suivie par le cannabis (23,5 %), les alcools (3,7 %), les benzodiazépines (2,3%) et le tabac (1,4 %). La circonstance toxicomaniaque était la plus fréquente (47,7%) suivie de l’accident classique (44,4%). L’usage de drogues pour tentatives de suicide représentait 5,4 % des cas. La circonstance criminelle représentait 2,1 % des cas». (Extrait de «Toxicologie», publication officielle du Centre antipoison du Maroc, ministère de la Santé. «Parmi les drogues les plus consommées aujourd’hui dans le milieu des jeunes, nous constatons «Mâajoun» et les «cannabis»», souligne M. Errida. «Mâajoun» est une pâte faite à partir du mélange de cannabis et de plantes atropiniques caractérisées par des propriétés hallucinogènes. Le «Maâjoun» peut également contenir des médicaments psychotropes. «Le programme de cette campagne de sensibilisation est axé sur trois pivots à savoir, la sensibilisation aux risques de consommation des drogues, les repères pour détecter les cas de consommation des drogues ainsi que l’approche à adopter pour aborder les jeunes dans cette situation», déclare-t-il. Par ailleurs, l’approche adoptée par les membres du centre est axée quant à elle sur plusieurs éléments. «Nous ne tentons pas d’approcher les jeunes par un discours moralisateur mais plutôt par le biais de projections qui illustrent les dangers des drogues et de la dépendance sur leurs vies. Nous organisons également des séances d’écoute», explique-t-il. Néanmoins, l’absence de centres de réhabilitation et d’intoxication constitue un grand handicap. «Nous recevons au sein du centre des appels téléphoniques des parents dont les enfants sont dépendants et qui ne disposent au niveau de la région d’aucun centre pouvant assumer leurs intoxications», souligne-t-il. «Les parents doivent être très attentifs à des signes révélateurs de consommation ou de dépendance dont on note les changements d’humeur, le repli, l’isolement, le changement du cercle d’amis, la chute des notes scolaires et absentéismes au sein de l’école entre autres», conclut M. Errida.

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