Entretien avec Najoua El Hitmi, artiste-peintre : «Je me suis mise à peindre un peu tardivement»

Entretien avec Najoua El Hitmi, artiste-peintre : «Je me suis mise à peindre un peu tardivement»

La jeune artiste-peintre tangéroise Najoua El Hitmi nous parle de sa participation aux deux ateliers de fresque murale et de peinture programmés dans le cadre du quarantième Moussem d’Asilah, dont les travaux viennent de prendre fin.

ALM : Que représente pour vous votre participation aux deux ateliers de fresque murale et de peinture ?

Najoua El Hitmi : C’était pour moi une très belle expérience et un réel plaisir d’y prendre part. Ce qui m’a beaucoup attiré, c’est l’implication et le soutien de la population de la médina pour la réalisation de nos peintures murales. Au début, ce n’était pas facile pour moi de travailler toute la journée devant les passants, mais c’était devenu tout de suite après un moment d’échange et de partage d’idées avec les habitants et les touristes. J’ai été ensuite agréablement surprise par la qualité de l’espace de l’atelier de peinture, dont je faisais partie parmi les artistes-peintres bénéficiaires. Les organisateurs ont fait de leur mieux pour nous permettre de travailler avec du matériel nécessaire, et ce dans un cadre agréable et fonctionnel.

Quel est l’apport de cette participation sur votre parcours de jeune artiste-peintre ?

C’est une expérience très riche qui a un apport important sur mon parcours. Je suis impressionnée et demeure très marquée par mon séjour à Asilah, où règnent le calme et la tranquillité. Je crois que le cadre de la résidence et la qualité de l’accueil ont été des éléments majeurs et propices à la création. Cette participation a constitué pour moi une meilleure occasion pour côtoyer des artistes et des acteurs culturels pour discuter avec eux sur les différents sujets et sur nos expériences respectives. Le Moussem nous a permis d’avoir une visibilité sur notre travail par la présence des médias venus de différents pays pour couvrir cet événement.

Pourriez-vous nous parlez de vos œuvres réalisées dans le cadre des deux ateliers ?

Concernant le premier atelier de peinture murale, j’ai eu la chance d’avoir un grand mur à l’entrée de la médina. J’étais partie au début sur une autre idée à la base, mais tout de suite après je me suis laissée inspirée par l’âme d’Asilah. Je voulais en fait réaliser une fresque qui soit bien intégrée dans l’esprit de la ville, j’ai choisi des couleurs allant du bleu au vert-eau, la couleur de la mer, du ciel et des portes de la médina.

Quant à la peinture elle-même, elle représente le mouvement de la vie, la vibration qui fait bouger toutes choses dans l’univers, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, tout est en perpétuel mouvement, allant du battement cardiaque, la respiration à la rotation des planètes.

Mon travail dans l’autre atelier de peintre au palais de la culture rejoint toujours la même idée du mouvement et aussi c’est le cheminement de l’âme humaine à travers l’expérience terrestre. En somme, j’ai eu le temps et la possibilité, lors mon séjour à Asilah, de faire des recherches plus approfondies et d’expérimenter de nouvelles techniques d’expression artistique.

Comment avez-vous découvert votre passion pour les arts plastiques ?

Mon parcours est assez atypique, je suis à la base un agent de voyage. J’ai grandi dans le monde du tourisme loin de toute inspiration artistique. C’est une rencontre complètement inattendue, mais de là a resurgi une nouvelle vie. Je me suis mise à peindre un peu tardivement. J’aime ce que je fais et auquel je me suis dédiée. Je suis une artiste autodidacte et n’appartient à aucune école en particulier. Ma devise, c’est la liberté de l’être et l’expression de ce qui a de plus profond en nous. Pour cela, seuls l’authenticité, la sincérité et le travail peuvent mener à la pleine réalisation de ce que nous sommes.

Quels sont vos projets d’avenir ?

J’ai beaucoup de projets en vue. Je me prépare actuellement pour une nouvelle exposition individuelle, prévue prochainement à Casablanca. Je suis invitée à une résidence, programmée en septembre prochain à Rodez en France, et ce dans le cadre d’un projet de coopération et d’échange entre cette ville et Tanger.

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