Entretien avec Nora Skalli, actrice : «Les enfants sont la frange la plus vulnérable»

Entretien avec Nora Skalli, actrice : «Les enfants sont la frange la plus vulnérable»

Le public rbati avait rendez-vous samedi dernier avec le spectacle Bnat Lalla Mennana. Les revenus de la présentation ont été versés à l’association Ibny au profit des enfants de la rue. ALM a interviewé l’une des fondatrices de la troupe Takoon, l’actrice Nora Skalli, pour parler de leur engagement dans le monde associatif mais aussi de leurs nouveautés pour l’année 2018.

ALM : Vous avez présenté samedi dernier votre pièce de théâtre Bnat Lalla Mennana au profit des enfants de l’association Ibny. Est-ce que le public était au rendez-vous ?

Nora Skalli : Oui, heureusement, on a eu une petite crainte avant la présentation, surtout qu’on ne l’a annoncée que sur les réseaux sociaux, le bouche- à-oreille y est pour beaucoup. Nous n’avons pas une idée précise sur le nombre de personnes qui ont assisté mais le théâtre Mohammed V a connu une bonne affluence. Je tiens à préciser que les revenus du spectacle ont été entièrement  versés à l’association. Avec cette action on a voulu tendre la main aux bénévoles de l’association, les soutenir et les encourager, pour que les enfants qui vivaient dans la rue, et récupérés par l’association, puissent retrouver un peu de leur dignité et vivre dans des conditions convenables. L’association vient en aide aux enfants de la rue, qui sont, comme vous le savez, exposés aux difficultés et aux dangers de la «vie de la rue» dont malheureusement la prostitution et toutes les formes d’exploitation imaginables et inimaginables. Je vous laisse imaginer la souffrance d’un enfant qui vit dans la rue, qui manque de tout et qui passe ses nuits dans des endroits insalubres et infréquentables même pour un adulte, et souvent, sans rien à se mettre sous la dent. Un enfant, normalement, ne doit pas vivre dans la rue, il doit être protégé et encadré,il doit se sentir entouré par un minimum de «chaleur familiale». L’association Ibny récupère, selon les moyens et les capacités dont elle dispose, ces enfants et les accueille dans son centre, elle cherche ensuite, et en premier, à les faire «réintégrer» au sein de leur propre famille, et de les faire revenir aux bancs de l’école. Pour les enfants qui n’ont pas de famille, ils sont admis dans le centre de l’association et entièrement pris en charge, notamment la nourriture, l’habillement, le suivi médical, mais aussi les frais de scolarisation et l’aide psychologique.

Vous êtes aussi la marraine de l’association Jiwar qui lutte contre l’abandon scolaire. Avec Samia Akrioui, vous avez  participé dernièrement à une campagne au profit des enfants déscolarisés…

Absolument, l’association Jiwar s’occupe des enfants des quartiers périphériques de Rabat, comme Ain Awda, Roumani, Akrach… C’est une association qui œuvre pour l’amélioration de la vie des enfants défavorisés, mais aussi pour lutter contre la déperdition et prévenir l’échec et l’abandon scolaires. A travers ses actions, Jiwar encourage les parents à garder leurs enfants à l’école, en prenant en charge, par exemple, les frais de scolarité et les fournitures scolaires. Jiwar procède, aussi, à des rencontres de sensibilisation avec les parents, pour attirer leur attention sur l’importance du préscolaire. Nos expériences ont prouvé que les enfants qui ont été inscrits au préscolaire réussissent plus facilement leur future scolarité. De même, on a procédé à la création d’un club de foot à Ain Aouda pour encourager les enfants à continuer à aller à l’école, en collaboration avec leurs écoles, les enfants doivent assister à leur cours. Cette démarche a donné ses fruits, les enfants sont plus motivés, ils sont plus disciplinés et assistent à leurs cours.  Pour venir en aide à ces enfants, j’incite les gens et spécialement vos lecteurs et lectrices à acheter un sac conçu par l’association. Ce sac en coton, personnalisé avec des messages contre l’abandon scolaire, ne coûte que 100DH et permet de parrainer un enfant : un sac acheté c’est un mois de scolarité gagné pour cet enfant.

Justement vous avez, Samia Akriou et vous, posté des photos sur les réseaux sociaux portant ces sacs. A quel point les réseaux sociaux vous ont-ils aidés à sensibiliser l’opinion publique ?

En réalité, les réseaux sociaux sont une arme à double tranchant, chacun les utilise comme bon lui semble. C’est surtout un support qui nous permet de communiquer avec nos fans mais aussi à sensibiliser l’opinion publique, connectée à ces réseaux, sur des sujets importants, comme l’abandon scolaire, les enfants de la rue ou la lutte contre le cancer. C’est un moyen pour communiquer sur notre actualité, le meilleur choix serait de ne pas seulement partager nos photos chez le coiffeur ou dans la salle de sport, ou tout autre activité personnelle, qui intéressent notre public et fait qu’il suit régulièrement nos comptes et nos publications sur les réseaux sociaux, mais aussi publier des informations et communiquer sur des sujets utiles, afin d’attirer l’attention des «followers» sur des phénomènes de société et sur les personnes qui font un travail utile et qui méritent de la reconnaissance et des encouragements.

Vous semblez être très engagée sur le plan associatif… !

Je m’intéresse aux enfants parce que pour moi c’est la frange la plus vulnérable. Souvent, ils ne peuvent pas exprimer clairement leur désarroi ou leur malheur, ils ne peuvent pas se prendre en charge. Ils ont besoin de beaucoup d’attention et d’une prise en charge convenable. Les enfants sont notre espoir, l’espoir d’un avenir meilleur, pour cela nous devons tous veiller à ce qu’ils grandissent dans un environnement sain et tous œuvrer à leur épanouissement.

Des tournées prévues en 2018 ?

Oui, on continue notre tournée au Maroc mais aussi en Afrique et en Europe.

Nous avons appris qu’il n’y aura pas de troisième partie pour «Sir Al Marjane». Y a-t-il de nouveaux projets pour la télé ?

On est en phase d’attente, on attend d’avoir une réponse, on ne sait pas si ça va se concrétiser ou non, tout dépend de la réponse de la chaîne.

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