Entretien avec Younès Taleb, alias Mobydick : «Beaucoup de gens se reconnaîtront dans mon album Lmoutchou family»

Entretien avec Younès Taleb, alias Mobydick  : «Beaucoup de gens se reconnaîtront dans mon album Lmoutchou family»

ALM :Pour l’album «Lmoutchou family », vous avez troqué votre surnom «Mobidick» pour celui de «Lmoutchou», pourquoi ?
Mobydick : J’ai choisi le concept de Lmoutchou, c’est un personnage qui s’est fait connaître grâce au titre Toc Toc , il a une certaine identité. Et l’album «Lmoutchou family» est un peu son univers. Album reflètant la vie d’une famille marocaine très modeste, la masse. Il y a de la cohérence dans cet album, car chaque morceau reflète un personnage. Il y a la mère qui vend à l’étal et subvient aux besoins de la famille. Dans un des titres, elle réveille Lmoutchou qui rêve de devenir riche et de super pouvoirs. Il y a le père qui revient soûl à la maison et qu’on rencontre dans le titre «Machi bou ndif». Il y a le pote «3rija». Et chacun a une histoire et une aventure. En plus des morceaux, «Lmoutchou family» comprend des dialogues. C’est écrit comme le scénario d’un film audible, une comédie musicale. Tu sens qu’il y a de la vie là dedans, tout un délire, tout un monde autour. «Beaucoup de gens se reconnaîtront dans mon album Lmoutchou family».

Comment vous voyez le rap marocain et comment vous vous situez dedans ?
Le souci des jeunes rappeurs ne doit pas être dans l’appât du gain, jusqu’à faire du rap folklorique, du rap de mariage. Le rap doit défendre de vraies valeurs et parler au nom du peuple, le Rap peut ouvrir de vrais horizons. Je crois que c’est en partie grâce au rap qu’il y a gars comme Obama président des USA, un black , grâce au mouvement des noirs. Ce qui font au Maroc du rap c’est une simple mode. Il faut aller au-delà du style casquette à l’envers et pantalon large. Prenez Nass el Giwane. Ils ne sont pas riches, leur richesse n’est pas dans leurs poches, mais ancrée dans le cerveau de chaque Marocain. Leur musique et leur message ressemblent au Maroc des années 60. Nous aujourd’hui, nous évoluons, notre darija évolue, notre rap doit nous refléter et éclairer notre société.

Vous chantez de plus en plus en darija?
La darija, c’est une force qui permet aux gens qu’ils soient instruits ou pas de te comprendre et de se cultiver avec toi. J’ai essayé de rapper en français, j’ai été approuvé. Mais pour mois, cela n’était pas suffisant. Il fallait que le message passe à tous à travers la darija.

Comment sera distribué votre album?
On ne sait pas encore. Soit on le sortira sur un site Internet téléchargeable gratuitement, soit on va voir s’il y a moyen de créer un réseau de distribution bien propre à nous au Maroc. Pour l’instant juste pour concrétiser sa sortie et respecter la date prévue à fin 2010, 200 copies ont été distribuées en avant-première lors de la soirée de présentation de l’album.

Prévoyez-vous des dates de concert ?
J’ai collaboré avec un groupe jazz qui se nomme Oriocci dans le cadre du Festival de Genève dernièrement. On va rejouer en avril au Lboulvard à Casablanca. Je compte aussi avec la sortie de l’album distribuer la maquette un peu partout espérant décrocher des dates.

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