Entretien : Selma Bargach réalise et se réalise

Entretien : Selma Bargach réalise et se réalise

ALM : Vous avez travaillé pendant des années en tant qu’assistante réalisatrice et là vous passez à autre chose. Pourquoi ?
Selma Bargach : Il est vrai que depuis mon retour au Maroc j’ai fait de l’assistanat auprès de plusieurs réalisateurs marocains. Mais aujourd’hui, je me suis plutôt consacrée à la réalisation. J’ai pour le moment deux courts-métrages, « Jamais plus » et « L’ascenseur ». J’ai mis fin à ma carrière en tant qu’assistante, parce que j’ai senti le besoin de voir les choses à ma manière et non selon la vision du réalisateur. « Jamais plus » est une production qui s’intéresse de très près à la période suivant les attaques terroristes du 16 mai. Il est plutôt un film d’atmosphère où le jeune comédien Malek Akhemiss campe le personnage principal. 

Où avez-vous fait vos études de cinéma ?
C’est à la Sorbonne, à Paris, où j’ai décroché mon doctorat en cinéma. Le sujet de ma thèse, soutenue en 1997, abordait le rôle de la femme dans le cinéma marocain. Dès le début, je voulais faire du cinéma. Depuis mon jeune âge, j’ai toujours éprouvé une fascination pour  l’image. C’est ainsi que je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire dans le département d’arts plastiques option cinéma. En rentrant au Maroc, j’ai travaillé à la Fondation ONA avant de me diriger vers l’assistanat. Et là, j’ai collaboré avec plusieurs réalisateurs, notamment Hakim Noury, Saâd Chraibi et Leila Marrakchi. J’ai également travaillé dans des productions étrangères.
Comment avez-vous réalisé votre «Ascenseur» ?
En fait, c’est grâce au soutien du Centre cinématographique marocain (CCM) que mon second court-métrage a pu voir le jour. La subvention que j’ai reçue de la part du Fonds d’aide du CCM en plus d’une prime au scénario sont deux éléments qui ont permis à «L’ascenseur » de naître. D’une durée de 23 minutes, ce court-métrage a été réalisé durant cette année. Les principaux personnages ont été interprétés par Amal Ayouch, Karim Ejjennane, Samia Akarriou, Mohamed Belfakih et Jamal Lababsi. Actuellement, le CCM tend une perche aux jeunes talents voulant faire leurs premiers pas dans la réalisation. En fait, le Centre lance un concours de courts-métrages et se charge de la production. C’est une occasion à ne pas rater pour ceux et celles qui n’attendent qu’une pareille chance  pour révéler au grand public leur talent en matière de réalisation. 

En compétition également, il y a le premier court-métrage de Mohamed Nadif, «La jeune femme et l’ascenseur». Pourquoi cet engouement pour les ascenseurs ?
J’ai vu le court-métrage de Mohamed Nadif. Mais, je pense que chacun a traité son sujet selon sa vision et le message qu’il veut passer aux spectateurs.
C’est vrai que l’histoire se passe dans un ascenseur, mais ces deux courts-métrages sont différents. Dans «L’ascenseur», il s’agit plutôt d’une parodie sur la société marocaine durant l’Aid El-Kebir. Je voulais montrer comment un étranger nous perçoit durant cette fête célébrant le sacrifice du mouton, et ce à travers l’histoire d’un Français coincé dans un ascenseur. En voyant défiler de multiples personnes, il commence à se faire une idée sur les particularités de notre culture et nos traditions notamment durant cette fête-là.

Pensez-vous que «L’ascenseur» va décrocher un Prix dans sa catégorie ?
Vous savez, c’est la première fois que je participe à cette manifestation célébrant la production cinématographique nationale. Je cherche plutôt à faire des connaissances avec les professionnels de la place. Ce qui compte le plus pour moi c’est bel et bien la participation à ce festival qui me permettra de sonder la réaction du grand public.

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