Essaouira l’andalouse

Essaouira l’andalouse

Essaouira est devenue la ville des trois festivals. Après la musique Gnaoua et la musique classique, la ville a fêté l’Andalousie. Le week-end dernier, le Festival des andalousies atlantiques, a transporté la région sud de l’Espagne et son patrimoine culturel, musical et culinaire, en pleine place Moulay Hassan, devant les remparts, sur la plage et le port de la ville. Organisé par la fondation Alizés et l’association Essaouira-Mogador en partenariat avec le gouvernement autonome d’Andalousie, ce festival avait un invité de marque, le Mexique. Vendredi en fin d’après-midi, les souiris, venus en masse, ont pu assister durant plus d’une heure à un spectacle de fantasia auquel ont participé plusieurs troupes. Chevaux parés et cavaliers en djellaba et burnous fusils en main ont sillonné durant un peu moins d’une heure la plage de la cité des alizés. Le baroud a retenti annonçant le début des festivités qui se sont par la suite poursuivies par un magnifique feu d’artifice qui a illuminé une nuit souirie bien fraîche. Le ciel, habituellement peuplé des mouettes et goélands qui ont fait la renommée de la ville d’Essaouira, s’est coloré de toutes les couleurs, sous le son de musique andalouse déclinée dans sa diversité inter-continentale, accompagnée par la lecture de poèmes en espagnol et en arabe. Bref, les sens étaient en éveil ce soir sur la plage. Et la soirée ne faisait que commencer. Une parade-défilé de troupes musicales venues de trois continents (Afrique, Europe et Amérique) ont pris par la suite le relais. Ahouache Tamanar et Gnaoua se sont joints à des troupes folkloriques espagnoles et mexicaines pour défiler dans les rues souiries avant de se rendre à la place Moulay Hassan où s’est dressée la grande scène abritant les différents concerts. Et il y en avait beaucoup. Les adeptes de la musique andalouse, gharnatie et Flamenco étaient aux anges. Les premiers par la présence de grandes voix, Mohamed Briouel et Françoise Atlan en l’occurrence. Le directeur du conservatoire de Fès a accompagné une artiste considérée comme l’interprète la plus authentique des romances judéo-chrétiennes. D’ailleurs, Françoise Atlan est lauréate en 1998 du prix Villa Médicis Hors les Murs. Ces tonalités arabo et judéo-andalouses ont ensuite laissé la place à d’autres rythmes plus dynamiques et entraînants pour la foule avec le groupe espagnol Ketama, actuellement le groupe emblématique des nouvelles tendances d’un flamenco imprégné de rock, de pop, de jazz et des rythmes d’Afrique et des Caraïbes. Un flamenco qui s’affirme comme une musique novatrice, de fusion, qui ne trouve aucune difficulté à dépasser ses propres frontières. Le nom même que ces musiciens espagnols ont choisi le confirment : Ketama, la région du nord. Se sont également succédés sur la mythique grande scène de la place Moulay Hassan, l’orchestre gharnati d’Oujda, le groupe Son de Madera (Mexique), et les chanteurs espagnols Marina Heredia, Curo Albayzin et Kiko veneno. «L’idée forte de ce festival est de montrer à quel point le métissage des cultures peut être source d’enrichissement des peuples. Essaouira, terre de rencontres, s’est donc tout naturellement imposée pour la célébration de ce patrimoine andalou qui se prolonge au-delà de son berceau espagnol », a déclaré Oumama Aouad, directrice de la manifestation lors de l’ouverture samedi du colloque organisé en marge du festival. Ayant pour thème «La dimension atlantique des andalousies», il a connu la participation de plusieurs penseurs et intellectuels marocains, espagnols et mexicains. L’universalité et la modernité de l’héritage andalou étaient au centre des débats.

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