Essaouira rend hommage à Haïm Zafrani

Présidant cette rencontre culturelle, dédiée à l’âme du défunt, André Azoulay, président de l’association Essaouira-Mogador, a souligné que l’oeuvre du regretté Haïm Zafrani, essentielle à plus d’un égard, est une source intarissable d’espoir réconfortant dans un temps où beaucoup d’esprits sont traversés de doute et de tristesse. Haïm Zafrani, a-t-il dit, est le signe de ce que veut dire être Marocain aujourd’hui et toutes les définitions caractérisant son oeuvre, riche en enseignements, témoignent de ce rôle de sentinelle, de gardien, de pédagogue, de professeur, de philosophe et d’historien, qu’a joué et joue encore Zafrani à travers sa pensée. Il est grand temps, dit-il, de mettre un terme à une certaine lecture sélective de l’Histoire marocaine, lecture que M. Azoulay qualifie d' »appauvrissante », dans la mesure où elle omet une partie des composantes de cette société plurielle, à savoir la composante judaïque. Et Azoulay de renchérir que ce cap commence à se corriger, l’auteur de Mille ans de présence juive au Maroc, n’est pas étranger à ce changement. « La pensée et l’oeuvre de Zafrani prennent, dans ce contexte, toute leur importance, étant donné l’intérêt qu’accorde l’historien aux multiples facettes et dimensions de cette histoire du Maroc et de celle du judaïsme marocain », a précisé M. Azoulay avant d’ajouter que « plus personne ne doit prendre comme prétexte l’absence de telles études, car Zafrani nous a légué une bibliothèque très riche et de nombreux disciples, dont la majorité est d’origine musulmane ».
De son côté, l’éminent écrivain marocain Edmon Amran El Maleh a mis le point sur l’un des points forts de la production intellectuelle de Zafrani, à savoir son approche de l’Histoire de l’existence juive au Maroc à partir de ses origines marocaines. Dans ce cadre, a-t-il noté, le patrimoine judaïque n’est pas approché d’un point de vue d’une spécificité ethnique ou d’une minorité, mais bien au contraire en tant que l’une des composantes culturelles et civilisationnelles de la société marocaine. Se considérant partenaire de Zafrani dans son projet de recherche historique, mais dans sa dimension littéraire, l’auteur de « Le Courant immobile », a souligné que le regretté s’est démarqué par son écart de toute charge idéologique et politique qui pouvait menacer la rigueur méthodologique requise pour la recherche historique, ce qui n’était aucunement à l’antipode de son attachement à sa marocanité.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *