Ettounsi : «La télé me boycotte»

Ettounsi : «La télé me boycotte»

ALM : Que faites-vous actuellement en France ?
Abderrahim Ettounsi : Je suis en tournée depuis jeudi dernier avec «Imta y’ji l’moudir ?» (Quand arrive le directeur ?), un spectacle humoristique de 40 minutes que j’ai présenté tour à tour à Lyon (19 octobre), à Paris (22 octobre) et que je présenterai le 30 du  même mois à Strasbourg. Initiée par la communauté marocaine établie en France, cette tournée a été favorablement accueillie par un public constitué de nos ressortissants, mais aussi  d’immigrés algériens, tunisiens et autres maghrébins. Le feed-back a culminé samedi dernier au Palais des congrès de Paris qui a drainé plus de 1500 spectateurs.

Fort sollicité à l’étranger, vous ne l’êtes plus apparemmant chez vous. Pourquoi ?
Pendant ma tournée en France, plusieurs immigrés se sont demandé pourquoi je n’apparaissais plus à la télévision. C’est une question qui revenait comme un leïtmotiv, et qui m’embarrasse énormément. Je dois quand même préciser que j’ai fait de mon mieux pour présenter des projets bien ficelés pour la télévision, mais mes propositions sont restées sans réponse.
Pas plus tard que le mois de mai 2005, j’ai proposé à 2M un projet de sketches pour le mois de Ramadan. On a prétexté que l’équipe qui devait filmer avec moi était occupée à préparer « Studio 2M ». J’ai enchaîné avec la présentation d’un projet de spectacle intitulé «Non à la violence contre les femmes», là encore motus et bouche cousue.
Pour la TVM, j’ai également proposé plusieurs projets restés lettre morte. Je peux citer, entre autres, le spectacle «Al âti allah» qui, malgré le succès retentissant qu’il a rencontré dans différentes villes du Royaume, n’a pas été pris en compte par la première chaîne. Il en va ainsi de la pièce «Non à la violence contre les femmes», qui n’a jusqu’à ce moment pas été diffusée par cette chaîne. En plus de cela, j’ai écrit des scénarii de plusieurs spectacles qui dorment encore dans mes tiroirs : « Kolla w’halou », « Z’man saïb », « Aâris min al kharij », « Hya alli ma taâwadch»…

Cela voudrait peut-être dire que vous avez besoin de vous remettre en question…
Qu’on me donne d’abord la possibilité de présenter mes spectacles à la télévision. C’est au  public ensuite de juger de leur qualité.

Que pensez-vous des spectacles d’humour diffusés par 2M et TVM ?
Je dois malheureusement dire que nombre des spectacles en diffusion aujourd’hui sur les deux chaînes ont été pistonnés…

Pourquoi n’avez-vous pas jusqu’ici été sollicité pour le cinéma?
Je me suis également posé la question. Mais je suis toujours optimiste… Dernièrement, j’ai appris que le jeune réalisateur Adel Fadili était intéressé par ma participation à une comédie cinématographique. Pour le cinéma, j’ai également l’idée d’un film intitulé « L’aventure d’Abderraouf ». Simplement, j’attends un scénariste et un réalisateur pour la concrétiser.

Que pensez-vous de la situation de l’artiste marocain ?
Il y a une absence regrettable de reconnaissance pour celles et ceux qui se sont sacrifiés des décennies durant pour apporter la joie au public. Je pense, entre autres, à Hammadi Ettounsi, Rachida El Harraq, El Yabouri…

De quoi vivez-vous aujourd’hui?
J’ai un agrément de taxi, que j’avais loué pour une somme de 1500 dirhams. Ancien résistant, je perçois également une somme d’environ 800 dirhams. En plus de cela, je vis grâce à mes tournées à l’étranger et aussi grâce au soutien de mes cinq enfants installés sous d’autres cieux.

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