Etude : Le pont Java-Sumatra, projet de craintes insondables

L’idée court depuis une quarantaine d’années mais ce n’est que ce mois-ci qu’a été signé un protocole d’accord officiel. Le pont, d’une longueur d’au moins 29 kilomètres, s’appuierait sur trois îlots déjà existants. Il inclurait une portion suspendue de 2,5 kilomètres et serait situé à 50 kilomètres du site de l’explosion cataclysmique, en 1883, du volcan Krakatoa. Le chantier, au budget estimé de 10 milliards de dollars, en est à la phase d’étude de «pré-faisabilité», censée s’achever en 2009. Lui succéderait une étude de «faisabilité» jusqu’en 2013 et ce n’est qu’alors que les travaux titanesques débuteraient.
Le professeur Wiratman Wangsadinata, conseiller technique du projet, assure que le pont s’éleverait à 200 kilomètres de la zone de subduction où la plaque tectonique indo-australienne glisse sous la plaque eurasienne.
Il assure qu’un séisme ne pourrait dépasser là une magnitude de 8,5 et que l’ouvrage sera conçu en conséquence. Mais l’aide étrangère se révèlera nécessaire.
«Pour être franc, notre expertise interne est peut-être insuffisante pour résoudre tous les problèmes liés à ce projet. Nous allons donc inviter des experts du monde entier pour conseiller et participer activement à l’étude, au design et ensuite à la construction», a-t-il déclaré à l’AFP. Pri Hariadi, de l’Agence indonésienne de météorologie et de géologie, pense aussi qu’«il n’y aura pas là de séisme dépassant une magnitude record de 8,5».  Mais l’inconnu plane sur les conséquences d’un éventuel «Krakatoa bis». En août 1883, après être resté inactif pendant trois cents ans, ce volcan explosa littéralement. La déflagration fut la plus forte jamais enregistrée sur Terre, entendue à plus de 4.000 km, notamment en Australie.
Les vagues déclenchées par l’explosion, de quarante mètres de haut selon des témoignages, dévastèrent les rivages de Java et de Sumatra et firent le tour du monde, avec des effets sentis jusque dans la Manche. Environ 36.000 personnes périrent en Indonésie. Il subsiste aujourd’hui une petite partie du volcan d’origine, avec un cratère encore actif.
 

Aubrey Belford
(AFP)

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