Exposition : La palette féminine se dévoile

Chaibia Talal, une artiste, une autodidacte qui a révolutionné les canons de beauté de l’art pictural marocain. Une femme qui s’est affirmée et qui a influencé et impressionné toute une génération d’artistes femmes. Ainsi, les toiles d’une quinzaine d’entre elles s’offrent aux yeux des amoureux de l’art, des couleurs des formes et des traits, au siège de l’association «Union marocaine des arts».
Venues de différentes régions du Maroc, ayant différents parcours (autodidactes, lauréates d’écoles d’art plastique), jeunes ou moins jeunes, débutantes et chevronnées, elles avouent toutes être, de près ou de loin, les ferventes disciples de Chaibia Talal.
«J’ai commencé la peinture, il y a 3 ans grâce au soutien de l’association, en m’inspirant de Chaibia. Puis cet art est devenu ma passion, mon meilleur moyen de m’exprimer et dire que j’existe», déclare Malika Jmija, une dame âgée de 63 qui a entamé son parcours il y a 5 ans par l’artisanat avec la céramique et le poursuit par l’art avec la peinture. Ses tableaux aux formes primitives reflètent l’authenticité de la femme simple, éternellement jeune d’esprit et candide. Pourtant Malika ne  s’inscrit pas seulement dans l’art naïf. Ce genre est plutôt du ressort de Najia Kerairate. Une artiste peintre originaire d’Essaouira, qui a fait ses preuves et a exposé dans différentes galeries au Maroc et à l’étranger notamment en Espagne, France, Thaïlande, Suisse, Italie, Australie. Ses toiles chargées et aérées à la fois, grâce à l’extrême minutie et souci du contraste, sont habitées par des personnages tout en couleur, plus particulièrement des femmes marocaines. Plus d’une trentaine de femmes habillées chacune de vêtement traditionnel garni des motifs les plus divers, vifs et lumineux. Des scènes qui évoquent selon Najia Kerairate «Nos coutumes qui se détériorent».
Ses œuvres se veulent être une mémoire où est gravée, peinte en couleur, la vie, quotidienne, occasionnelle ou festive de la femme marocaine. Ainsi, toujours dans la joie et la naïveté, chacun de ses tableaux dresse toutes sortes de scènes : le  mariage avec toutes ses étapes, la circoncision avec ses cérémonies, les tâches ménagères, les fêtes et les joies… Par ailleurs, la fête et la joie en soi résident dans l’exercice même de la peinture pour Bahia Belkaziz et Rachida Zaki. «Nous aimons cela, peindre. On s’oublie, on se ressource, on respire», déclare Rachida en riant avec sa complice Bahia. Pour Khadija Sakkat, le pinceau la reflète son état d’âme. Les tensions et les traits de son geste pictural concrétisent en face d’elle tout en couleurs son intuition et son esprit féminins. Ainsi, elles sont près d’une quinzaine de femmes qui exposent leurs œuvres au siège de l’association «Union marocaine des arts», au côté de toiles de Chaiba. Elles s‘appellent Fatéma Kessab, Rajaa Smili, Ilham Asbab, Amil Noura, Ait Taleb Zhour, Raounad Chaouki, Jabira Halima, Atiffi entre autres, et offrent toute une palette de couleurs des plus subtiles. Subtile et émouvante, l’est aussi l’initiative que se sont proposées ces femmes artistes peintres d’offrir chacune les bénéfices des prix des tableaux en soutien à une petite fille atteinte d’une maladie cardiaque. Comme quoi avec leur  peinture ou leur attitude, les femmes sont toujours présentes pour donner les couleurs à la vie.  

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