Exposition posthume: Quand la douleur s’exprime sur les toiles d’Aziz Abou Ali

Exposition posthume: Quand la douleur s’exprime sur les toiles d’Aziz Abou Ali

Le tour de l’exposition laisse voir que le défunt a quasiment touché à toutes les disciplines : peinture, gravure et sérigraphie.

Un autoportrait dans une exposition, c’est presque du jamais vu ! Une telle œuvre a cependant été aperçue, jeudi soir dans le musée de Bank Al-Maghrib à Rabat, lors de l’exposition posthume dédiée par la galerie Marsam au défunt artiste-peintre marocain, Aziz Abou Ali.

A propos de cet autoportrait, Zineb Abderrazik Chraibi, une des responsables des éditions et de la galerie Marsam et commissaire de l’exposition, prend appui dans les propos de feu Abdelkébir Khatibi. «Le travail d’Aziz Abou Ali était une théâtralisation de sa propre condition», précise à ALM Mme Chraibi lors du vernissage en rappelant les dires de l’intellectuel Abdelkébir Khatibi.

Pour appuyer cette théâtralisation, Mme Chraibi remonte à la mort d’Aziz Abou Ali et aux conditions de son décès. Aux yeux de la commissaire de l’exposition, l’œuvre du défunt artiste était une anticipation d’une cruelle métamorphose.

«Jamais une œuvre artistique n’a été en parfaite symbiose avec le ressenti, la mélancolie, la douleur, la solitude de l’artiste et ce qu’il projetait comme dessin et vision sur ses toiles. Donc c’est plus que l’autoportrait», détaille-t-elle en estimant qu’Aziz Abou Ali atteint le seuil ultime de cette symbiose qui est tressaillie et éclectique. Dans ce sens, le tour de l’exposition laisse voir que le défunt a quasiment touché à toutes les disciplines : peinture, gravure et sérigraphie. «Il y a aussi les gravures en couleur.

C’est très rare parce que la technique est extrêmement difficile», enchaîne Mme Chraibi qui justifie l’intérêt porté par la galerie Marsam à Aziz Abou Ali par une «longue histoire … d’amour !».

D’ailleurs, le défunt artiste était un ami à Rachid Chraibi, responsable de Marsam, qui faisait, au lendemain de l’indépendance, partie de la troupe théâtrale de l’étudiant à Marrakech. «Aziz Abou Ali, qui était un apprenti cycliste et s’intéressait au théâtre, s’était distingué dans ce groupe comme concepteur de décor alors qu’il ne savait ni lire ni écrire», raconte Mme Chraibi en rappelant que l’artiste s’est inscrit à l’école de dessin ABC où il a suivi des cours.

« Très peu de temps après, Aziz a réussi à se présenter avec des bacheliers à l’école des beaux-arts de Tétouan où il a été excellent », poursuit l’interlocutrice qui indique que le défunt a enchaîné les cursus à l’école Sainte Isabelle des beaux-arts de Séville et l’école San Fernando de Madrid. «Dans les derniers jours, Aziz a connu une solitude terrible. Il a pressenti sa fin. Nous nous en sommes beaucoup inquiétés. Hélas nous sommes arrivés tard. Il a fallu rapatrier l’œuvre avant qu’Aziz ne meure une seconde fois», conclut Mme Chraibi à propos des œuvres d’Aziz Abou Ali, agrémentées de deux livres, qui seront exposées jusqu’au 10 mars prochain. Une exposition qui vaut vraiment le détour !

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