Fadila El Gadi : Le choix de la discrétion

Fadila El Gadi : Le choix de la discrétion

«Je n’aime pas parler de ma vie privée». Cette phrase de Fadila El Gadi renseigne sur le tempérament de cette styliste. De nature discrète, réservée, elle aime travailler dans le silence. Pour la première fois, elle accepte d’afficher sa collection en public lors d’un défilé qui sera organisé le 14 juin à l’occasion de la deuxième édition du Festimode. «J’ai déjà fait plusieurs présentations de mes créations au Maroc et à l’étranger, mais jamais des défilés», confie la styliste à ALM. Cette dernière considère qu’organiser des défilés nécessite beaucoup de temps et de moyens. «Les défilés, c’est une lourde responsabilité et vu que je n’avais ni le temps ni les moyens d’assumer cette responsabilité, j’ai préféré m’abstenir», explique t-elle.
Tout en gardant le secret sur la collection qu’elle est en train de finaliser pour l’événement, elle dit défendre un style de couture alliant tradition et modernité. Fadila El Gadi n’est pas une fan du caftan. Sa spécialité : le prêt- à-porter réalisé avec une ligne de vêtements contemporains avec une couture traditionnelle faite main. «J’ai toujours admiré le travail des «maalems» artisans et cela m’a poussée à transposer l’ouvrage traditionnel sur une coupe contemporaine». Chemises longues travaillées en sfifa, soie et dentelles.
Fadila El Gadi a une conception particulière du vêtement. «Elle s’inspire des grandes griffes qui sont connues à l’étranger et qui font partie des marques de vêtement de luxe», déclare le styliste Bachar El Mahfoudi, directeur du festimode. Son souci premier est de donner une portée universelle à ses créations. «Je souhaite que les vêtements marocains puissent se porter à Rabat, Paris, Rome ou New York». Pour réussir cette mission, Fadila El Gadi est constamment à la recherche de matières nobles et de couleurs précieuses. Elle reprend le travail ancestral des artisans, et le repense en fonction de chaque tissu. «J’essaie toujours d’actualiser le travail des artisans et de le remettre au goût du jour», souligne la styliste.
Cette démarche lui a valu une reconnaissance à l’étranger. «Fadila El Gadi est connue beaucoup plus à Londres et aux Etats-Unis qu’au Maroc», témoigne Bachar El Mahfoudi. Cette styliste, qui possède son atelier à Salé est restée à l’écart de l’univers de la haute couture au Maroc. Fadila El Gadi pense qu’elle est mieux comprise à l’étranger que dans son propre pays. «Il est vrai que mon travail a d’abord été reconnu à l’étranger, mais c’est peut-être parce que la culture du vêtement y est plus importante qu’au Maroc». En quête de renommée dans son pays natal, elle ne baisse pas les bras.  «Je viens d’ouvrir une boutique à Tanger en espérant qu’on comprenne la qualité de mon travail et que la tradition puisse évoluer».
En attendant d’atteindre ce but, Fadila El Gadi  continue ses recherches. Pour alimenter sa créativité, elle opte pour les voyages et les expositions. «J’adore voyager, rencontrer des stylistes d’horizons divers, et visiter des expositions, c’est de cette manière que je m’enrichis artistiquement». Autre détail: Narciss est la source d’inspiration de la designer de mode. Ce nom n’est pas un mythe.
Il s’agit de sa fille unique qui est âgée aujourd’hui de 17 ans. Pour elle, Fadila El Gadi était obligée de  s’arrêter pendant quelques temps. «J’étais une jeune maman et je devais prendre soin d’elle». Lorsqu’elle commençait à grandir, la styliste revient à sa passion. Un retour en force puisqu’elle considère Narciss comme étant une véritable source d’inspiration.

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