Fatema Mernissi n’est plus: Adieu la féministe de souche !

Fatema Mernissi n’est plus: Adieu la féministe de souche !

Il était attristant d’apprendre, lundi matin, la nouvelle du décès de la célébrissime sociologue, Fatema Mernissi. Une grande dame intellectuelle et généreuse à la fois aux yeux de ceux qui l’ont connue. Entre autres, Malika Benradi, enseignante-chercheuse à la faculté de droit à Rabat Agdal n’a pu contenir ses émotions quant à cette disparition. «Fatema Mernissi est un monument, voire une référence !

C’est une grosse perte pour le Maroc ! Elle a peut-être fait connaître le pays plus que certains ambassadeurs et diplomates ne l’ont fait !», déclare à ALM Mme Benradi en remontant le temps. «C’est aussi une grande amie !

Je l’ai connue en 1970 quand j’étais étudiante à la faculté de droit de Rabat. Elle était dotée d’une énergie et capacité d’innovation exemplaires. Elle abordait la question féministe en terme de rapports de sexes», enchaîne l’enseignante-chercheuse qui doit une fière chandelle à la défunte.

«Grâce à elle, j’ai présidé, pour deux mandats, l’association des femmes africaines pour la recherche et le développement à Dakar dont Fatema Mernissi est la grande fondatrice», se souvient Mme Benradi à propos de la disparue connue pour son militantisme que celle-ci a concrétisé par la création des «Caravanes civiques» et du collectif «Femmes, familles, enfants».

Pour mémoire, Fatema Mernissi a fait ses études à Rabat puis en France et aux Etats-Unis où elle a animé de nombreux séminaires. Depuis les années 80, elle a  enseigné à l’université Mohammed V de Rabat.
Fatema Mernissi, qui s’est également intéressée au statut de la femme dans l’Islam, a écrit plusieurs livres qui ont été traduits dans plusieurs langues dont « Rêves de femmes, une enfance au harem», «Sexe, idéologie et Islam», «Le Harem politique», «Sultanes oubliées», «Le Monde n’est pas un harem» et « Chahrazade n’est pas marocaine». En mai 2003, l’illustre intellectuelle reçoit, avec Susan Sontag, le prestigieux Prix Prince des Asturies.

En novembre 2004, sa riche biographie et son combat pour l’égalité des sexes ont été récompensés par le Prix Erasmus, décerné par la Fondation néerlandaise Erasmus, ex aequo avec l’auteur syrien Sadik Jalal Al-Azm et à l’Iranien Abdulkarim Soroush.

Fatema Mernissi a également été choisie en 2003 membre du comité des Sages pour le dialogue des civilisations, mis sur pied par la Commission européenne sous la présidence de Romano Prodi. Pour rappel, la célèbre sociologue Fatema, née en 1940 à Fès, est décédée à l’âge de 75 ans des suites d’une longue maladie.
 

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