Fathallah Oualalou taxe les artistes

Fathallah Oualalou taxe les artistes

Les galeries d’Etat seront désormais payantes ! C’est une décision prise en commun entre le ministre de la Culture et le ministre des Finances et de la Privatisation. Ces deux départements ont signé un accord sur l’imposition d’un tarif sur le loyer des espaces d’art sous la tutelle du ministère de la Culture. Cette décision date du 4 juin dernier et a été publiée au Bulletin Officiel n°5331. Ainsi trois principales villes du Maroc sont concernées. Il s’agit de Rabat, Marrakech et Meknès.
Les tarifs différent d’un espace à un autre. À titre d’exemple, pour exposer au musée de l’Oudaya de Rabat, il faudrait, selon cette note, payer une somme de 2000 DH par jour. Sa voisine Bab El kbir coûte plus chère. L’exposant devrait règler un forfait de  3.600 DH pour deux jours. La salle Mohamed EL Fassi qui a été restaurée tout récemment propose, quand à elle, un forfait de 10.600 DH.
Des sommes exorbitantes qui n’ont pas manqué de surprendre le président de l’Association marocaine des arts plastiques (AMAP). Ce dernier semble ne pas être au courant de cette affaire. « Je ne savais pas que les galeries d’Etat seront maintenant payantes, et je trouve cela aberrant d’imposer ces prix sachant que cela n’existe nulle part au monde», lance Mohamed Melehi, ahuri. En fait, le président de l’AMAP explique que même dans les galeries privées l’artiste exposant ne paie pas la location de l’espace.
Pour le galeriste, c’est une commission perçue sur le total des ventes. À cet effet, si l’artiste ne vend aucune de ses œuvres, le galeriste ne recevra rien de la part de l’exposant.
«C’est la méthode appliquée dans le monde entier !», souligne Mohamed Melehi, en ajoutant : «le ministère de la Culture ne peut pas dire aux exposants de payer la location de l’espace sachant que nos artistes ont déjà du mal à (sur)-vivre ». Un autre artiste actif dans le champ culturel déclare que cette situation est inacceptable. «Pourquoi l’artiste va payer le loyer de l’espace alors qu’aucun service n’est offert, nous n’avons que les murs pour exposer», s’insurge-t-il. Et d’ajouter : «parfois nous sommes même obligés d’installer nous-mêmes l’éclairage et de peindre des parties de murs s’ils sont sales». Dans le même sens, Mohamed Melehi explique que lorsque cette décision entrera en vigueur, les artistes préféreront plutôt exposer dans les instituts culturels des missions étrangères au Maroc. «Les instituts culturels prennent tout à leur charge, le catalogue, les invitations, en plus du cocktail d’inauguration et tout cela en ne demandant aucun sous», souligne la même source.
Le président de l’AMAP souligne qu’au lieu d’imposer un loyer par jour ou par semaine, cela aurait été plus logique que le ministère touche une commission symbolique sur le nombre de tableaux vendus.
Contacté par ALM, le ministre de la Culture, Mohamed Achaâri, donne sa version des faits.
Selon lui, cette décision concerne uniquement ceux qui veulent vendre : «C’est tout à fait normal, puisque le ministère offre des services, ils ne peuvent pas faire un commerce sans payer quelque chose en contrepartie». Mohamed Achaâri affirme que cette décision est tout à fait justifiée. Un avis que les artistes sont loin de partager.

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