Fatim Zahra Bennacer : «Je suis une femme avec un coeur de guerrière»

Fatim Zahra Bennacer : «Je suis une femme avec un coeur de guerrière»


ALM : Le public vous a appréciée dans le rôle de Sophia, quelle est la véritable facette de Fatim Zahra ?
Fatim Zahra Bennacer : J’ai beaucoup de points en commun avec Sophia, le personnage que j’ai incarné dans le téléfilm «El Okba lik» de Yacine Fenane. Je suis une vraie rebelle, une bonne vivante et une personne très lucide et stricte. Ces qualités caractérisent clairement ma personnalité et celle du personnage. Dès que j’ai lu le scénario, j’ai senti une certaine complicité avec cette fille qui défie le monde entier, pour s’affirmer et vivre sa passion en toute liberté et harmonie avec ses convictions. En jouant ce rôle, j’ai senti qu’il s’agissait de moi, de mon tempérament et de mon quotidien. Chose qui m’a permis d’être plus à l’aise et sincère dans mon interprétation. En bref, je suis identique à celle que vous avez suivie sur les écrans durant le mois de Ramadan.

Peut-on dire que votre talent à été officiellement révélé durant ce mois sacré?
Bien que j’ai joué dans plusieurs productions, mon passage à la télévision durant le Ramadan 2009 a laissé une touche particulière chez les téléspectateurs. Mon rôle dans «El Okba Lik» constitue une grande étape dans ma carrière artistique. Le public m’a connue également à travers «Une heure en enfer» dans laquelle j’ai interprété un rôle fascinant, sans oublier ma participation dans un épisode de «Dar el ouarata». Il a connu un succès inouï. Je pense que le timing des diffusions a permis à un large public de me connaître et d’évaluer mon talent. Le feedback était satisfaisant, de quoi être heureuse et persévérante en perspective.

Comment évaluez-vous votre palmarès ?
Mes débuts datent de 2001. Par pur hasard, une personne m’a repérée pour passer un casting et depuis j’ai intégré le domaine artistique. J’ai été chanceuse d’avoir côtoyé une génération de réalisateurs dynamiques et compétents. Je suis passé devant les caméras de Adil El Fadili, Ezz El Arab Mahrazi, Hicham Jebari, Yacine Fennane et autres. Ces personnes ont cru en mes compétences et m’ont permis de ressortir en toute spontanéité mes facettes cachées. Aujourd’hui, je ne m’imagine pas faire autre chose.

Qu’en est-il des rôles qui vous ont marquée ?
(Rires) A vrai dire, il m’est difficile de trancher. J’ai interprété des rôles très variés qui ont apporté de la valeur ajoutée à mon parcours. Des personnages qui portent en eux une symbolique humaine incontournable. Des gens qui me ressemblent dans leur joie comme dans leur douleur. Des cas sociaux qui, comme moi, ont souffert mais n’ont jamais baissé les bras.

La souffrance a-t-elle forgé l’artiste qui est en vous ?
La souffrance m’a appris à voir les choses différemment, d’évaluer leur vrai sens et ne pas perdre de temps dans les futilités. La souffrance m’a rendu combattante. J’incarne, aujourd’hui, la douceur et la robustesse. Pour résumer, je suis une femme avec un cœur de guerrière.

Faites-nous part d’une anecdote que vous n’arriverez jamais à oublier ?
Je devais tourner une séquence de viol dans laquelle je jouais le rôle de la victime. L’acteur qui participait à mes côtés était crédible dans son jeu au point qu’il m’a arraché les cheveux, m’a frappée et torturée. Tellement on s’est investi dans les rôles que j’ai ressenti la douleur et la cruauté de l’acte. Après cette scène, je n’ai pas cessé de pleurer, comme si l’on m’avait véritablement agressée. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que je ressens une telle sensation. Chaque rôle que j’interprète, je le vis réellement. Je rentre en transe du premier «action» au dernier «couper» de la production à laquelle je participe.

Quels sont vos autres vocations artistiques ?
J’aime chanter. En toute modestie, j’ai une voix mélodieuse surtout en ce qui concerne la musique «Chgouri» et «les mawals montagnards». J’ambitionnais de devenir chanteuse. Je me suis dévouée dans ce sens, cependant les plateaux de tournage m’ont ensorcelée et attirée vers eux. Aujourd’hui, je ne regrette rien car je me suis retrouvée dans l’interprétation plus que le chant.

Où fuyez-vous la solitude ?
Dès que j’ai un coup de blues, je file directement à Oued Bouregreg. J’aime me confesser à cet endroit. Je retrouve, là-bas, la paix et la quiétude. Une fois calmée, je commence ma séance de lecture, puis j’emprunte une barque et je navigue sur l’Oued. Après cette petite croisière, je me réfugie dans une salle de cinéma. C’est mon petit monde à moi.

Quels  sont  vos  écrivains préférés ?
J’admire le style de Paolo Coelho. Quand je lis ses œuvres, je ressens une sérénité incontournable. Ses écrits représentent pour moi une source de purification, un guide spirituel qui alimente mon âme. Egalement, je lis les ouvrages de Ahlam Moustaghanmi, une écrivaine pour qui j’ai beaucoup d’estime. Pour la confidence, je gribouille, de temps en temps , quelques nouvelles que je garde pour moi.

Côté cœur, y’a-t-il des projets ?
Pour l’instant, tout est calme. Tout mon amour, je le porte pour ma famille, mes amis et mon public.

Un petit mot pour les lecteurs.
Je les remercie infiniment pour leurs encouragements. Je les prie de rester à mes côtés pour me soutenir et de m’encourager dans ma carrière artistique.

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