Fayrouz Karawani : «La variété a toujours été mon premier choix»

Fayrouz Karawani : «La variété a toujours été mon premier choix»

ALM : Faites-nous part de votre première entrée au paysage médiatique américain.
Fayrouz Karawani : Cela remonte à 1997. Grâce à mon ami le journaliste Abderrahmane Adawi, époux de ma meilleure amie Nawar, j’ai pu décrocher le jour même de mon audition le poste de correspondante dans une société de production basée en Virginie. De même, mes 11 années d’expérience à la télévision marocaine m’ont beaucoup aidée. En 2003, j’ai été convoquée par l’agence «Associated press» (AP) pour couvrir la guerre de l’Irak à partir de Washington. Depuis, j’ai intégré cette boîte en tant que correspondante pour le compte des clients de l’agence en l’occurrence de grandes chaînes arabes à savoir Dubai TV, Oman TV, Tunis 7, Russia Al yaoum TV et autres. Mon travail avec AP m’a permis de rencontrer des personnalités américaines et arabes du monde politique.

Comment s’est déroulé le retour à la première chaîne ?
L’envie de faire quelque chose pour «ma télé» me tourmentait depuis longtemps. Je ne vous cache pas qu’en 1999, j’ai proposé un projet d’émission à partir de Washington. Malheureusement, ma demande n’a pas eu de suite.
Et pourtant, je suis restée ouverte à toutes propositions venant du Maroc. Pendant des vacances au Maroc en 2008, j’ai contacté le réalisateur de Naghmawatay Driss Mrini pour lui proposer de travailler ensemble. Ainsi, il m’a fait part de son intention de tourner une émission à Washington. J’ai approuvé ce fait, tout en déclarant vouloir la présenter. C’est ainsi que j’ai commencé à animer l’émission au Maroc. Je suis rentrée au pays à trois reprises pour tourner 4 à 5 émissions. Au début, j’ai eu du mal à retrouver mes repères, mais grâce aux encouragements de l’équipe, j’ai pu facilement m’adapter à leurs conditions de travail. Je les remercie de m’avoir fait confiance.

Pourquoi avez-vous choisi pour votre come-back un concept de variétés au lieu de la politique?
La variété a toujours été mon premier choix. Le fait de sourire, d’improviser et de s’amuser avec les invités de l’émission me procure un certain bonheur; surtout après avoir travaillé sur des conflits politiques, des guerres et des catastrophes.

Comptez-vous passer à un autre concept ?
Pour le moment, je n’ai pas encore conçu de nouveau concept. Toutefois, cela pourra se concrétiser, un jour, en fonction de la disponibilité des moyens techniques et financiers. En attendant, je préfère travailler au Maroc en tant qu’animatrice.

Qu’en est-il des émissions de jeunesse ?
Vu que je suis installée aux USA, je ne peux pas être disponible pour ce genre d’émission qui demande une présence et un travail permanents. Spécialement si le programme devrait être destiné aux enfants. Une fois installée au Maroc, je le ferai volontiers.

Vous êtes connue par votre vocation pour le chant. Allons-nous écouter vos nouvelles productions musicales?
Si je trouve un bon producteur pourquoi pas ? J’aimerai bien relancer mes anciennes chansons et les remixer. Cela serait une bonne idée de travailler sur deux ou trois meilleurs titres.

Etes-vous adepte des productions télévisuelles ramadanesques marocaines ?
Concernant la télé, je ne rate aucune émission de Naghmawatay. En parallèle, je suis quelques programmes marocains. Cependant, on reste toujours sur notre faim à l’étranger. Je regrette qu’il y ait trop de rediffusions sur les grilles qui nous sont consacrées. J’espère que cela changera à l’avenir.

Vous faites partie des premières personnes à avoir introduit le sponsoring à la télévision marocaine. Avec cette panoplie actuelle, quelle évaluation faites-vous du paysage audiovisuel marocain ?
Le sponsoring a toujours été et restera la meilleure option pour une meilleure production télévisuelle. Par contre, il ne faut pas ignorer l’importance du professionnalisme à cet égard. Si les personnes qui supervisent ne sont pas aptes à assumer leur choix, le projet s’écroule aisément. Malheureusement, c’est ce dont souffrent nos productions. À mon avis, il faudrait établir des lois plus strictes pour éviter ce genre d’échecs.

Qu’est-ce qui manque à nos chaînes nationales ?
Il nous manque un système bien structuré. Au lieu de copier les concepts des émissions, il faut privilégier notre identité marocaine ainsi que nos traditions. Nous devons nous inspirer des réalisations des grandes chaînes et suivre leurs approches dans le domaine.

Comment conciliez-vous la culture marocaine au mode de vie américain ?
Aux Etats-Unis, la vie n’est pas pénible comme en Europe. Ici, le système est basé sur la liberté, le respect des lois et d’autrui. Malgré «le confort moral» que l’Amérique peut offrir, je ne suis jamais arrivée à me détacher de mon pays. La maison reste donc le seul moyen pour inculquer à mes enfants la culture marocaine. Et ce à travers nos célébrations comme le Ramadan et les fêtes religieuses.

Vos enfants partagent-ils la même passion que leur maman?
Quand mes enfants Mehdi (26 ans) et Fatine (17) sont venus au monde, j’étais déjà à la télévision. Ils n’ont jamais été impressionnés par mes passages à l’écran. Pour eux, c’est ce qu’il y a de plus ordinaire.

Quelles sont les choses dont Fayrouz Karawani ne peut se passer au quotidien ?
Je ne peux pas passer mes journées sans regarder les chaînes de télévision, faire le maximum de sport, parler avec ma mère via Internet et s’occuper de mon chat Cookie que j’adore.

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