Fès, coup de théâtre sur le campus

Fès, coup de théâtre sur le campus

Après Casablanca et Agadir, c’est au tour de Fès de se doter de son Festival du théâtre universitaire. Initié par la Faculté des sciences juridiques et économiques, ce festival, tout en venant «compléter le tableau», veut explorer un nouveau registre : l’écriture et la lecture du texte dramatique. Contacté par «ALM», le directeur artistique de ce festival, Saïd Ennaji, a souligné la nécessité d’initier les étudiants à saisir les fondements de toute création théâtrale. «Une meilleure compréhension du théâtre passe, d’abord, par l’appréhension des mécanismes d’écriture, qui constitue la charpente de toute entreprise de création théâtrale, puis par une meilleure diction, qui représente à son tour une re-création du texte», nous a précisé ce responsable. Baptisé «Festival de lecture», ce rendez-vous prévoit, à partir de dimanche prochain, trois compétitions parallèles : la première autour du meilleur spectacle, la seconde autour de la meilleure lecture et la troisième autour du meilleur texte. Les prix seront octroyés par un jury de 7 membres, constitué d’Ahmed Taïeb Laâlaj (président), Abdelkbir Rgagna (comédien), Hassan El Youssfi (critique de théâtre), Younès Loulidi (chercheur), Amina Rachid (actrice) et Abderrahim Al Haloui (universitaire). En ce qui concerne les troupes en compétition, elles sont au nombre de six : Ben M’Sik et Aïn Chok (Casablanca), Tanger (Ecole nationale de commerce et de gestion, ENCG), Marrakech (Faculté de droit), Agadir (Faculté des lettres et des sciences humaines), sans oublier, côté étranger, la participation de la troupe de l’Université Ferhat Hachad (Algérie). Le bal de cette grand-messe sera ouvert, vendredi 21 avril à 16h30 au complexe «Al Houryia», par le spectacle «Vendeur de larmes» (Prix du meilleur texte lors du dernier Festival international du théâtre universitaire d’Agadir, FITUA). Ce texte, ainsi que sa mise en scène, porte la signature de Saïd Ennaji, qui n’est autre que le directeur artistique du « Festival de lecture ».
En pariant sur l’écriture et la lecture du texte dramatique, le Festival de Fès sort en quelque sorte du schéma classique des festivals. Pour le comédien Abdelkbir Rgagna, il s’agit d’un apport aussi nouveau que significatif. « Ce créneau promet de préparer les futurs auteurs dramatiques, sachant bien que notre pays accuse un grand déficit à ce niveau. Un bon spectacle, c’est d’abord un bon texte, des dialogues bien ficelés pour donner, à la fin, une bonne construction dramatique », a-t-il expliqué.
En dédiant cette première édition à l’écriture-lecture, les organisateurs entendent aussi rendre hommage aux dramaturges. Plusieurs auteurs seront présents à ce 1er rendez-
vous, entre autres Abdelouahed Ouzri, Mohamed Kaouti, Ahmed Taïeb Laâlaj, Abdellah Chekroun, Abdelhaq Zerouali, sans compter le dramaturge algérien Amin Zaoui.
Consacrée au texte, cette 1ère édition fera également place au spectacle. Elle constitue l’occasion d’apprécier la qualité d’interprétation des étudiants-comédiens, le travail de scénographie et de mise en scène, ainsi que d’autres constituants de la création théâtrale.
Autre avantage de ce festival, il consiste à décloisonner la vie estudiantine dans la capitale spirituelle en l’ouvrant sur son environnement socioculturel. Au même titre que le FITUC (Casablanca), ou plus encore le FITUA, dont le succès a rejailli souvent au-delà de nos frontières.

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