Fès et Florence, une passerelle culturelle

Fès et Florence, une passerelle culturelle

Fès et Florence, deux villes ancestrales qui ont marqué deux civilisations, l’une le monde arabo-musulman et l’autre l’Occident, se regardent et dialoguent entre elles. Et ce dans l’ouvrage «Fès et Florence en quête d’absolu» dont la publication a été soutenue par la fondation BMCI. Par son contenu et sa forme, cet ouvrage écrit par les chercheurs universitaires Catherine Cambazard-Amahan, Ali Amahan, Marcello Fantoni et illustré par les photographies de Franco D’Alessandro, peut se prévaloir d’être en soi une œuvre d’art en même temps qu’un livre parlant d’art. «Les résultats de ce projet dépassent les espérances» a indiqué Karima Morsy de la fondation BMCI, lors de la conférence organisée mardi 2 décembre. Par ailleurs outre la convention de jumelage signée en 1961, apparemment rien ne semble rassembler Fès et Florence toutefois cet ouvrage démontre plusieurs points de convergence entre elles. D’après l’éditrice du livre, Ileana Marchesani: «cet ouvrage ne cherche pas à relever de comparaisons, ni de similitudes dans l’histoire des deux villes et, a fortiori, cherche d’autant moins à établir un état des relations commerciales ou politiques qu’elles ont pu entretenir». «Nous avons essayé d’indiquer trois choses importantes au niveau artistique, scientifique et historique qu’on a mentionné pour la première fois», a indiqué Ali Amahan. Selon lui ces œuvres qui font l’exeption de Fès concernent la première épigraphie arabe au Maroc, une poutre où est inscrite une date, celle de la deuxième fondation de la mosquée Al-Qarawouine. Est aussi mentionnée la première œuvre d’art islamique le minbar de la mosquée du quartier des Andalous. Le troisième élément important et jamais assez souligné par les spécialistes est la chromie des coupoles almoravide, dévoilée en 1956, une œuvre cachée 20 ans après sa réalisation au 12ème siècle et qui a conservé toute sa splendeur.
Florence, quant à elle, une ville mythifiée par la littérature, et qui a été l’objet de beaucoup d’études et de livres, est présentée cette fois dans cet ouvrage de manière «différente», selon Marcello Fantoni. La première partie de l’ouvrage intitulée «Fès éclairée», est consacrée intégralement à Fès, à sa
fondation et à son épanouissement, puisque, à la même époque, Florence n’est encore qu’un modeste bourg.
L’ouvrage se tourne ensuite dans le deuxième chapitre «Les maîtres d’œuvre» vers les «maîtres d’œuvre» : à Fès, les bâtisseurs agrandissent la ville, construisent des mosquées, des madarisses, des palais. À Florence, l’auteur développe sa théorie des «trois renaissances». Sous l’impulsion de la classe dirigeante et des Médicis les projets sont innombrables avec la construction de monastères de sanctuaires. Sous le titre «Dévots et impies en quête d’absolu » s’ouvre le troisième chapitre consacré à l’art. L’art est à la gloire de Dieu à Fès. Les artistes, souvent anonymes, s’effacent devant leurs réalisations, leur récompense suprême étant l’approche de la perfection, de l’Un. À Florence, on rencontre «les personnages de l’art», artistes à la forte personnalité refusant de s’effacer et dont les œuvres font transparaître, avec leur génie, leurs convictions et leurs aspirations. Le quatrième chapitre s’intitule «Au-delà des cours, les palais».
Dans cette partie, Fès présente les demeures des notables, témoignant d’une rare finesse dans l’art de recevoir et d’habiter, et d’une recherche constante d’harmonie et d’élégance. A Florence, le même goût du raffinement, mais aussi la volonté de s’affirmer et de signer, en quelque sorte, leur «immortalité» poussent les plus grands et riches marchands et seigneurs à rivaliser avec les Médicis.

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