Fès rend hommage à l’icône de la littérature Mohamed Choukri

Fès rend hommage à l’icône de la littérature Mohamed Choukri

Exposition, débat, projection et table ronde au programme

Fès consacre durant trois jours à l’une des icônes de la littérature underground, Mohamed Choukri, disparu il y a 13 ans. Cet écrivain originaire de Beni Chiguer, un village perdu au sommet du Rif, près de Nador, est considéré comme l’une des grandes révélations de la littérature populaire marocaine. Son best-seller n’est autre que «Le Pain nu», un roman autobiographique qui retrace sa vie miséreuse menée dans les quartiers de Tanger après avoir fui la tyrannie d’un père et la dureté de la vie montagnarde. Dans ce sens, l’hommage qui s’intitule «Mohamed Choukri, au temps présent» a démarre ce mercredi et se poursuit jusqu’au vendredi 16 mars à Dar Batha et à la Galerie de l’Institut Cervantès de Fès. Il sera rehaussé avec des photos inédites de Rachid Ouettassi, artiste-photographe natif de Tanger. Il expose une série de photographies en noir et blanc qui montrent l’écrivain dans sa vie quotidienne.

«Choukri dans tous ses états, ses moments de chagrin, de solitude, de méditation… Les photographies révèlent aussi que ce dernier était un personnage sans famille, sans attaches, rebelle, une personne qui dérange ; il se réfugiait dans ses livres à travers la lecture et l’écriture. En revanche, il est aussi un homme entouré d’amis et cette exposition retrace l’amitié qui l’a longtemps liée à ce photographe », indiquent les organisateurs de l’événement. Outre cette exposition, le programme propose une table ronde animée par Mostafa Akalay Nasser. Elle connaîtra la participation de plusieurs intervenants dont Farida Belyazid, réalisatrice, Driss Deiback, réalisateur, Aziz Taghi, curateur et programmateur culturel du «Pain nu» à Tanger, et Jaume Amills, journaliste. «Mohamed Choukri n’avait rien à cacher.

Au contraire, il a révélé ce qui se cache. Lui-même en premier lieu et la société avec tous ses simulacres. Il a écrit ce qui doit être inscrit sur le mur d’une réalité très difficile à imaginer dans son atrocité où l’être humain est broyé par l’incertitude d’arriver au bout du tunnel. Qu’est-ce qui reste de Mohamed Choukri comme héritage d’une littérature rebelle qui colle à la peau ? Quel regard portons-nous sur cet homme qui n’a pas cessé de marcher, d’arpenter les recoins les plus reculés dans notre conscience et inconscience humaines. Toutes ces questions feront l’objet d’un débat ouvert avec les intervenants invités pour une table ronde autour de «Mohamed Choukri au temps présent», explique à ce sujet Mostafa Akalay Nasser, commissaire de l’événement. Le programme donne à voir une projection du film documentaire «Choukri, un homme sincère» de Driss Deiback. Celui-ci propose un véritable documentaire sur la vie et l’œuvre de Mohamed Choukri. Tout y est abordé, l’exode de sa famille du Rif à Tanger, la violence de son père, son adolescence passée dans la rue, son apprentissage de la vie (sexe, prison) et son rapport à l’écriture (illettré jusqu´à 20 ans), autant d’expériences qui ont forgé un véritable libre-penseur.

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