Festival : Aïn Leuh danse au rythme d’Ahidouss

Nouveau rendez-vous avec Ahidouss, à l’honneur, à partir de vendredi et jusqu’à dimanche, à Aïn Leuh, un petit bijou du Moyen-Atlas. Ce village, qui se trouve au sud de Fès, se prépare à accueillir la septième édition du Festival de l’art d’Ahidouss. Ce festival, depuis sa création, et en dépit de la modestie de ses moyens, a réussi à fidéliser un grand public, l’attrait d’Aïn Leuh, et de la danse Ahidouss en particulier, s’est avéré irrésistible. Pour cette septième édition, le plaisir ne manquera pas d’être au rendez-vous.
La grand-messe, prévue dans le stade rural, sera inaugurée par une cérémonie d’hommage à deux figures marquantes de l’art d’Ahidouss : Mimoun Ahennaj (Sefrou) et Mimoun Abaherrar. Un acte de reconnaissance pour ce tandem qui a contribué à la sauvegarde de cet art berbère ancestral, basé sur la danse collective, qui permet au groupe d’exprimer l’émotion partagée par les individus.
Pratiqué anciennement lors des fêtes religieuses, cet art est aujourd’hui fort utilisé dans les fêtes de mariage.
Depuis la création il y a sept ans du Festival d’Ahidouss, il a réussi à sortir de son cocon pour conquérir un public qui n’est pas forcément berbère. De plus en plus de personnes en provenance de différentes villes du Royaume se donnent, à chaque occasion, rendez-vous à Aïn Leuh pour découvrir, ou redécouvrir, un genre dont l’origine est attribuée à la civilisation païenne et polythéiste. D’aucuns en veulent pour preuve le fait que, chez des tribus comme les Aït Merghad, la danse commence par l’invocation de « la divinité de la joie» connue sous le nom de «Bayyada». Pour d’autres, cet art, porté par «l’enthousiasme» (esprit divin), ne saurait avoir de connotation qui ne soit religieuse. Ils citent, à l’appui de leur thèse, le fait qu’ « Izli », l’un des pères fondateurs d’Ahidouss, commençait ses vers par l’invocation du Dieu unique : «Tous ceux qui ne commencent par le nom de Dieu, n’ont pas l’ambition que leur parole soit écoutée». Pour d’autres, la tendance est plutôt à la conciliation.
Ahidouss réunit à la fois le sacré et le profane.
D’essence religieuse, cet art chante également les joies de la vie. D’où sa présence lors des fêtes religieuses aussi bien que nuptiales. Aujourd’hui, avec le festival, cet art se découvre une vocation purement et simplement festive.
Et c’est tant mieux pour le commun des festivaliers, en quête de fête pendant cette période estivale. Cette année, près de 23 troupes d’Ahidouss seront au rendez-vous.
Plusieurs régions du Moyen-Atlas seront représentées : Sefrou, Boulmane, Azrou, El Hajeb, Khénifra, Zaouïat Cheïkh, Ifrane, Timahdit, Outat L’haj, Sfasif, Aïn Chguig, Sidi Al Mahdi, Sidi Addi, Imouzzer, sans oublier évidemment le village-hôte de cet événement très attendu : Aïn Leuh. En dehors des concerts, qui seront concentrés dans le stade rural, la manifestation sera ponctuée de spectacles de fantasia, avec, en prime, une exposition d’objets d’artisanat local. Entre deux soirées, le visiteur peut également faire un petit tour du côté des cascades de Zaouiat Ifrane, ou céder à la tentation de se hasarder dans les grottes de la région.
Une véritable cure de jouvence…

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