Festival de Marrakech, c’est parti

Festival de Marrakech, c’est parti

Marrakech fermente. Elle accueille à partir de ce vendredi “sa” manifestation culturelle de l’année. L’événement qui la hausse, pendant 5 jours, au rang de centre névralgique de l’art au Maroc. Celui qui fera de l’ombre à tous les autres, et qui est à l’origine de nombreux ajournements de “petites” manifestations culturelles dans le pays. Comment peuvent-elles rivaliser avec la pléiade de stars qui illuminera le ciel de Marrakech ? Ou encore avec la qualité des films projetés dans le cadre de la compétition officielle ? Côté stars, il existe d’abord celles qui n’étaient pas attendues à Marrakech. Les proclamées de dernière minute, et dont l’aura dote d’un surcroît de prestige la manifestation. Claudia Cardinale au premier chef. La puissante séduction de l’actrice italienne est demeurée intacte en dépit des années. Elle remettra une Etoile d’Or à Alain Delon, lors de l’hommage qui lui sera rendu le dimanche 5 octobre au Palais des Congrès de Marrakech. Autre star à qui les photographes feront un feu d’artifice, Gérard Depardieu. Ce comédien de composition, taillé pour des rôles très divers, est un Titan du grand écran. Le troisième invité inattendu s’appelle Spike Jonze. Ali Hajji, membre de la Fondation du FIFM, ne tarit pas d’éloges sur cet Américain, époux de la réalisatrice Sophia Coppola, la fille du grand Francis Ford. «C’est le réalisateur de “Dans la peau de John Malkovitch” !», répète-t-il, comme pour mieux convaincre son vis-à-vis de l’aspect prodigieux de ce jeune réalisateur américain. À côté des invités-surprises, il y a ceux dont les noms circulaient depuis quelques semaines dans les dépêches des agences de presse et les journaux. D’abord, les réalisateurs Ridley Scott et Oliver Stone qui seront décorés du wissam de l’ordre d’Officier. Ensuite, les acteurs. À commencer par Alain Delon qui recevra son Etoile des mains de la belle Cardinale. Le public fera sans doute un accueil triomphal à une autre belle du cinéma. La comédienne égyptienne Yousra, très attendue dans la ville ocre. Au demeurant, le festival ne faillira pas à son habitude d’honorer un comédien national. L’année dernière, le grand Mohamed Hassan El Joundi a reçu une distinction. Cette année, c’est le tour de la comédienne Amina Rachid. Le cinéma indien est très populaire à Marrakech. Lors de l’édition précédente, une foule en délire avait porté la star indienne Aamir Khan. C’était l’un des moments forts de la 2ème édition du festival de Marrakech. L’exploit sera sans doute réédité avec l’acteur Amitabh Bachchan, une superstar en Inde. En ce qui concerne les films, les cinéphiles pourront difficilement critiquer les douze longs-métrages en compétition officielle. Le film «Abar Arannye», de Goutam Ghose (Inde), «Le soleil assassiné» d’Abdelkrim Bahloul (Algérie), «Abjad» de l’Iranien Abolfazl Jalili et « Raja » de Jacques Doillon (France) ne sont pas passés inaperçus lors de la dernière édition de la Mostra de Venise. Autre film très attendu, «Zatoichi» du grand réalisateur japonais Takeshi Kitano. Omar Sharif viendra également à Marrakech pour la projection de «Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran» du Français François Dupeyron. La grande réalisatrice indienne Mira Nair, auteur de «Salaam Bombay !» et «Kama Sutra : a tale of love», sera également présente avec «Hysterical Blindness». Un trio de rêve joue dans ce film : Gena Rowlands, Uma Thurman et Juliette Lewis. Le vent de l’Est, qui a séduit plusieurs manifestations cinématographiques dans le monde, soufflera également sur Marrakech avec « Baboussia » de la Russe Lidia Bobrova. Le cinéma américain n’est pas en reste. «The station agent», de l’Américain Tom Mc Carthy, est également attendu. Quant à «Suite Habana», les propos de son réalisateur cubain Fernando Perez sont une constante invitation à l’amour de la vie. «Au feu!» (Gori Votra) du Bosniaque Pjer Zalica saura pour sa part enflammer les spectateurs. Et enfin, le public pourra apprécier «Les yeux secs» de Narjiss Nejjar. Ce film marocain, à la fois tendre et audacieux, ne fera pas de la figuration. Il a de sérieux atouts pour séduire le jury, présidé par le réalisateur allemand Volker Schlöndorff. Le comédien britannique Jeremy Irons présidera, quant à lui, le jury des courts-métrages. L’actrice française Nathalie Baye sera à la tête du festival, en remplacement de son président fondateur Daniel Toscan Du Plantier, décédé à Berlin le printemps dernier. De nombreux hommages seront rendus à sa mémoire. Le programme de la troisième édition du FIFM est bouclé. Il faut attendre maintenant que la pléiade de stars invitées et la qualité des films programmés acheminent le festival de Marrakech vers la cour des grands.

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