Festival de Safi : Une histoire belge

Festival de Safi : Une histoire belge

Le rideau s’est baissé samedi soir sur la troisième édition du festival du cinéma francophone de Safi. Organisé par l’association de loisirs et de culture (ALC) de Safi, ce festival s’est achevé avec la consécration du réalisateur belge Gilles Porte Yolande.
Ce réalisateur a été primé doublement pour son film «Quand la mer monte» réalisé en 2004. Ce film a, en effet, remporté le grand prix ainsi que celui de la critique. Les films marocains n’ont pas fait de la figuration, ils ont de leur part été primés. L’actrice Tourya Alaoui a remporté le Prix de la meilleure actrice pour son rôle dans le film : « Tarfaya, porte de la mer » du réalisateur Daoud Oulad Syad. Ce metteur en scène et photographe a, de sa part, eu droit à un Prix spécial délivré par un jury présidé par le réalisateur Saâd Chraïbi.
Toujours du côté de la programmation marocaine, le jury a décerné une mention spéciale à l’acteur fétiche de Narjis Nejjar, Khalid Benhegra. Il a remporté ce prix pour son rôle dans «Le regard» de Nourredine Lakhmari. Ce réalisateur résidant en Norvège et natif de Safi a déclaré que ce festival a permis à la ville de renaître. Une ville abandonnée et qui doit faire face à de multiples problèmes dont celui de la pollution qui a pourri la vie des Safiotes. Selon ce réalisateur, Safi n’a pas d’autres choix que celui d’investir dans la culture. « C’est une très bonne idée d’organiser un festival de cinéma à Safi, cela donne la possibilité à cette ville d’exister et de s’évader des désagréments du quotidien ». Pour ce réalisateur, ce festival est une ouverture.  Nourredine Lakhmari a également déclaré que la programmation de ce festival a été très riche et que le public a eu l’occasion d’assister à la projection de chefs-d’œuvre du cinéma francophone. Il cite dans ce sens le film «L’esquive» du réalisateur tunisien Abdellatif Kechiche ainsi que «Les choristes» du réalisateur français Christophe Barratier. Les comédiens du film «L’esquive»  ont reçu une mention spéciale du jury.
En outre, si les préférences de la commission officielle et de celle de la critique  sont clairement allées au film belge "Quand monte la mer", la commission de  la presse, présidée par le journaliste Ali Hassan, a quant à elle choisi pour  son Prix le film marocain "Nadhra" (le regard) de Noureddine Lakhmari.
Au programme de ce festival il n’y avait pas uniquement la compétition, les organisateurs ont également prévu des hommages. Ainsi, dans cette section, un hommage a été rendu à l’acteur français natif de  Safi, Michel Galabru ainsi qu’au Marocain Hassan Skalli. A en croire les festivaliers présents à cette édition, la montée sur scène des deux acteurs a constitué un des moments forts du festival avec une ovation du public. Des applaudissements qui ont plongé la scène dans une profonde émotion. Et pour cause, ces deux acteurs auxquels un hommage a été rendu, sont le symbole du cinéma national. Ils ont, en effet, marqué les cinémas français et marocain avec leurs contributions inestimables. Les spécialistes du 7ème Art sont tous unanimes à déclarer que les deux acteurs sont d’un talent inégalable. Ils ont grâce à leur compétence, marqué l’univers cinématographique. Ils sont passés du simple statut d’acteur à celui d’emblème. Michel Galabru et Hassan Skalli sont des symboles du grand cinéma. Le public marocain connaît bien Michel Galabru depuis ses tout premiers  films des années soixante où, en grand acteur du comique, il rivalisait dans  l’humour, l’amitié et la complicité, avec l’autre géant du septième Art  français qu’était Louis de Funès.
Quant à Hassan Skalli, il est l’un des plus appréciés du public marocain  pour ses abondantes contributions pour près d’un demi-siècle, en tant  qu’acteur et metteur en scène, à la production théâtrale, cinématographique et  télévisuelle. A maintes reprises, il a également rempli des fonctions de  responsabilité associative du secteur artistique et a pris part à de nombreux  événements artistiques au Maroc et à l’étranger. Actuellement il joue dans le film de Narjiss Nejjar. Un film qui est en tournage en Afrique du Sud. On l’aura compris, il s’agit de «Wake Up Morocco». 
En somme, la troisième édition du festival du cinéma francophone de Safi a pris fin, samedi soir, en laissant les habitants de Safi en émoi. Pour cette ville délaissée, un festival comme celui-ci est une sorte d’aubaine pour les Safiotes. Cela leur permet de s’évader en attendant de meilleurs jours.

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