Festival international du film de Marrakech : Un hommage grandiose à James Caan

Festival international du film de Marrakech : Un hommage grandiose à James Caan

Toujours dans les merveilles du cinéma au Festival international du film de Marrakech (jusqu’au 11 décembre), entre la compétition qui entre dans le vif du sujet (quatre films projetés), les films hors compétition, la conférence des cinéastes français à leur tête Costa Gavras et les hommages, ce dimanche 5 décembre a été une journée dédiée aux monstres du cinéma. Un acteur, James Caan à l’honneur, un réalisateur, Francis Ford Coppola lui remettant l’Étoile d’or : deux spécimens d’un demi-siècle de cinéma côte à côte, comme au début de leur carrière, dimanche soir lors de la cérémonie d’hommage au palais des congrès. «James Caan m’a accompagné du début de ma carrière jusqu’à maintenant. Le point commun entre toutes les étapes de ma vie, c’est ce rire perpétuel qu’il m’a apporté depuis 45ans en plus de son grand talent et de sa chaleureuse amitié, c’est un plaisir et un privilège d’être ici pour l’honorer», a déclaré Francis Ford Coppola à son acteur fétiche, un James Caan ému et remerciant tous. Rappelons que «Henry’s crime», l’un des derniers films dans lequel il a joué avait ouvert le FIFM vendredi 3 décembre. James Caan a été immortalisé par son rôle, en 1972, de Santino «Sonny» Corleone dans «Le Parrain» sous la direction de Francis Ford Coppola avec lequel il avait déjà en 1968 tourné dans «Les gens de la pluie». Sa riche filmographie lui a valu de jouer divers rôles entre grandes productions comme le film de guerre «Un pont trop loin» et films plus intimistes dans «The Gambler» de Karel Reisz. La soirée d’hommage de dimanche s’est conclue par la projection du dernier film de Coppola, «Tetro». Ce film, un phénomène autant pour les initiés que pour les profanes, est à l’image de la renommée de son créateur, sinon plus, puisque comme l’a expliqué le réalisateur, il marque «mon retour vers un cinéma plus intimiste, personnel». Filmé en noir et blanc dans le décor presque onirique d’un Buenos Aires , le film raconte le rapport entre deux frères, le jeune Bennie (Alden Ehrenreich ) qui fête bientôt ses 18 ans et Angelo son aîné qui l’inspire. Ce dernier s’est enfui du cocon familial et de la tyrannie d’un père grand chef d’orchestre, pour devenir écrivain. Angelo (Vincent Gallo) refuse son passé jusqu’à interdire qu’on ne l’appelle par un autre nom que Tetro. Ces souvenirs morbides se transforment en matière artistique, d’où des parties en couleurs ponctuant le film. Le film est un septième art utilisant toutes les disciplines littératures, caricature, théâtre, danse, plastique… Plein d’œuvres classiques sont évoquées tout au long du film. Entre plusieurs, on peut citer les premières scènes montrant écriture murale puis banderole et qui rappellent (pourquoi pas) du Charlie Chaplin dans le rapport du cinéma muet à l’écrit. Cela dans les premières minutes avant que des personnages attachants ne surgissent, dont les deux principaux qui nous tiennent en haleine attachés au fil fragile de leur vie jusqu’à la fin du film. Le Festival du film de Marrakech, c’est aussi de très bons films, outre le bonheur du glamour.


Costa Gavras mène le débat autour du cinéma français
Le dimanche 5 décembre a aussi été marqué par la tenue d’une conférence autour du cinéma français par Costa Gavras un autre monstre du cinéma avec sa délégation d’une dizaine de cinéastes. «C’est grâce à une réglementation, les énergies des pouvoirs publics et une vigilance par rapport au droits des cinéastes et des auteurs… que le cinéma s’est développé», a souligné Costa Gavras. Le cinéma hexagonal se distingue aussi par sa liberté de d’expression, sa grande diversité et une complémentarité entre le cinéma dit populaire et le cinéma d’auteur qui crée une industrie et une dynamique de solidarité, ont indiqué les intervenants. Ils ont par ailleurs déploré le peu d’échange entre les cinéastes et cinématographies internationaux dû à un problème de distribution dominée par le cinéma américain.

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