Fête du cinéma dans le sud

Ahmed Taïb El Alj, Hassan Al Joundi, Abdellah Lamrani, Chaïbia Adraoui, Mohamed El Jem, Saïd Naciri, Mohamed Khouyi, Mohamed Marouazi, Latifa Ahrar, Daoud Oualad Sayed, et d’autres encore… Ils sont dans les villes du sud du Royaume, et ils les parcourent pour donner plus d’éclat à la 4ème rencontre du film national dans les provinces du sud du 25 avril au 7 mai 2002.
Organisée conjointement par le Ministère de la Culture et de la Communication, le ministère de l’Artisanat et le Centre cinématographique marocain (CCM), cette manifestation a pour objectif de présenter au public du sud 70 longs et courts métrages réalisés ces dernières années par des cinéastes marocains. Huit villes sont concernées par cet événement : Guelmim, Tan Tan, Tarfaya, Assa, Laâyoune, Smara, Boujdour et Dakhla.
Les comédiens et réalisateurs, participant à la caravane, ont été triomphalement accueillis à Guelmim, jeudi 25 mai. Le public les attendait. Autographes, accolades, photos, ont été le lot quotidien des participants durant les étapes du parcours. Ils ont défilé, à chaque fois sous un tonnerre d’applaudissements dans une salle, avant la projection des films. Le cinéma Al Khaïma à Guillemime est le premier qu’ils ont étrenné. C’est une salle convenable, mais qui ne présente pas les équipements de ses soeurs du Nord. La sono y est encore mono, l’image donne l’impression de regarder un film des années 70 et les conditions pour voir un film avec un minimum de confort sont inexistantes. Il suffit d’imaginer à quoi peut ressembler une salle, sans air conditionné, sans ventilation, dans une température avoisinant les 40 degrés, pour se faire une idée du lieu. Ces détails n’ont toutefois pas assombri l’air de fête qui donne la véritable mesure de la manifestation. La caravane est arrivée ensuite à Tan Tan où il existe une seule salle de cinéma, fermée à ce qu’il paraît depuis près de 10 ans.
De telle sorte que c’est la salle des fêtes de la préfecture qui a été transformée pour la circonstance en cinéma. La moindre des curiosités de cette transformation consiste à voir un projecteur, un vrai, disposé au milieu de la salle, et prêt à diffuser des images sur un écran de petite taille.
Ceux qui ont toujours rêvé de voir un projectionniste dans une salle de cinéma avaient tout le loisir de l’apprécier à l’oeuvre, et même de discuter avec lui. Là encore, le public est venu en masse pour faire un accueil très chaleureux aux stars. Les habitants de cette ville étaient réellement heureux de serrer la main ou d’embrasser des vedettes.
Certains n’ont pas oublié que ce bonheur est de courte durée, et qu’ils seront livrés à la réalité de leur ville le lendemain. Tout en se félicitant de cet événement, une jeune résidante de Tan Tan nous a confié : « Ces manifestations ne s’inscrivent pas dans la durée, n’entraînent aucun changement, elles sont sans suite. Pour nous, c’est la fête, mais une seule fois par an ! » Le jeune et très talentueux acteur Mohamed Marouazi a été très ému par l’accueil réservé aux stars.
«Ce public est plein d’amour et de frustration. On vient une seule fois par an, et ce n’est pas suffisant. Ce public a soif de cinéma, de nous. Nous l’envahissons avec nos images, et nous sommes loin.
Quand il nous voit, c’est le délire ! Dorénavant, je travaillerai en pensant à ces gens ». Il est vrai dans ce sens qu’il faut féliciter les initiateurs de cette manifestation. Elle encourage le cinéma dans une région, géographiquement loin des villes où se joue le sort d’un film au Maroc. Mais il est tout aussi vrai qu’il faut réfléchir à une politique culturelle durable. Histoire de fêter le cinéma dans les provinces du sud, un peu plus d’une fois par an!

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