FICAM 2006 : les Japonais débarquent

FICAM 2006 : les Japonais débarquent

Le cinéma d’animation japonais est à l’honneur à la sixième édition du festival International du cinéma d’animation de Meknès (FICAM). Cet événement qui s’ouvrira jeudi 4 mai consacrera en effet la majeure partie de sa programmation à la création japonaise. Le cinéaste Isao Takahata viendra en personne inaugurer cette édition. Les organisateurs de l’Institut français de Meknès ont même prévu une rencontre avec Isao Takahata, l’invité d’honneur de cette édition 2006. Une table ronde autour de l’œuvre de cet artiste sera organisée le samedi 6 mai à 16 heures 30 à la médiathèque de l’Institut français. Isao Takahata qui sera accompagné du traducteur et historien japonais Llan Nguyên fera son intervention sur la genèse de la Tôei animation et donnera un aperçu sur le contexte dans lequel sont nés les studios Ghibli, l’espace où sont confectionnés tous les films et dessins animés nippons. Fondés en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, les studios Ghibli sont caractérisés par la valorisation des choix esthétiques des réalisateurs, plus que l’aspect marketing.
Ces studios prendront le risque esthétique et financier d’élaborer de longs- métrages d’animation destinés au cinéma. Un pari que cette maison a su relever. Et pour preuve: cela fait vingt ans aujourd’hui que la Disney Compagny américaine enregistre 30 % de moins d’entrées au Japon que les films Ghibli. Le succès sera donc au rendez-vous.
C’est au sein de ces studios qu’Isao Takahata produira le meilleur cru de ses créations. Les plus avertis auront à l’esprit le film «Goshu le violloncelliste » réalisé en 1980  et couronné du Prix Öfuji, ou  encore «Horus le Prince du Soleil» (1968) considéré comme ayant révolutionné l’industrie de l’animation japonaise. C’est le premier long-métrage «indépendant» de son histoire. Contrairement à son ami Hayao Miyazaki, Takahata n’est pas un animateur de profession, c’est un metteur en scène, il ne dessine pas, sauf pour réaliser des story board ou donner des indications à son équipe.  En parallèle à ce menu japonais consistant, d’autres styles du cinéma japonais seront dévoilés lors de cette édition. L’Afrique ne sera pas en reste. Le film d’animation «Prince loseno» sera présenté par le réalisateur congolais résidant en Belgique Jean Michel Kibushi.
Celui-ci est considéré comme étant le pionnier du film d’animation en Afrique. Deux pays arabe : l’Egypte et l’Algérie sont aussi invités. Côté création marocaine, le FICAM 2006 axe sa programmation sur la série marocaine et ses enjeux. La question est de discuter autour d’une table ronde sur la série télévisée au Maroc et ses enjeux. Il s’agit de savoir en outre si la série télévisée constitue un moteur au développement d’une dynamique autour du film d’animation. Des artistes et professionnels marocains comme Nabil Rami, Badr Snoussi ou encore Said Bouftass viendront animer cette conférence qui se déroulera le 11 mai à la médiathéque de l’institut français de Meknès. Autre événement à retenir, celui de la remise du grand Prix Aicha de l’animation. Le jury sera composé de Said Bouftass, Mohamed Chrif Tribek et le journaliste Hassan Hamdani. Le lauréat sera connu le jour de l’inauguration du FICAM.

 La pédagogie au FICAM


Un volet sur la pédagogie est prévu comme chaque année lors de cette édition 2006 du FICAM. Les ateliers de formations constituent en effet l’un des piliers de ce festival.
Un atelier réalisation bande annonce FICAM 2006 sera donc animé par le cinéaste Luis Bricen et verra la participation de huit étudiants de l’Institut national des Beaux arts de Tétouan, de l’Ecole nationale des Beaux arts de Casablanca. Un atelier story board sera animé, quant à lui, par David Encinas. Des story boards japonais et divers ouvrages sur l’art pictural asiatique, essentiellement chinois, seront les principaux documents que cet artiste proposera à sa master class de 20 étudiants. Enfin, Said Bouftass proposera un atelier complémentaire où les grandes notions fondamentales du corps humain seront exposées.

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