«Fidelio» retrouve l’Opéra de Paris avec Jonas Kaufmann

Le Belge Gerard Mortier a voulu faire de ce spectacle très attendu, joué jusqu’au 21 décembre à guichets fermés au Palais Garnier, un événement de sa cinquième et dernière saison à la tête de la maison: la première de « Fidelio », son opéra préféré, a d’ailleurs été programmée le jour de son 65e anniversaire. Pour que la fête soit réussie, l’intendant flamand a installé dans la fosse de Garnier un fidèle, le Français Sylvain Cambreling, et fait appel à l’un de ces hommes de théâtre novateurs qu’il affectionne, le Néerlandais Johan Simons. Mais chef d’orchestre et metteur en scène ne concourent qu’imparfaitement à la réussite de la soirée. Le premier opère, à des fins de cohérence dramaturgique et musicale, des modifications dans la version de 1814, qu’il fait débuter par l’ouverture « Leonore I », méconnue mais convaincante, et dont il complète la première partie par un trio émanant de la première mouture de l’œuvre (1804). Le geste volontaire de Sylvain Cambreling est cependant trop avare en nuances pour rendre justice à l’unique opéra de Beethoven, chef-d’œuvre fragile qu’il achève sur un finale pompier, faisant sombrer le chœur dans une course de vitesse doublée d’un concours de décibels éprouvant. La mise en scène de Johan Simons s’appuie sur de nouveaux dialogues dus à l’écrivain allemand Martin Mosebach, qui ne dénaturent pas le combat de Leonore-Fidelio pour faire libérer son époux Florestan mais semblent étrangement allonger le propos. Ailleurs partisan d’un théâtre radical et remuant, chahuté lors de ses débuts à l’Opéra de Paris en mai 2006 pour un «Simon Boccanegra» de Verdi façon campagne électorale à la Berlusconi, Johan Simons paraît ici bien sage.

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