FIFM : Une révolution sereine

FIFM : Une révolution sereine

Rares ont été les fois où l’auditorium du Twin Center de Casablanca a connu une telle affluence. Ce mardi soir, ni l’embouteillage qui régnait dans les quatre coins de la ville à cette heure de pointe (18h), ni la série de communications transmises par les organisateurs et qui permettaient d’avoir une idée d’ensemble sur l’événement cinématographique-phare du pays, à savoir le Festival international du Film de Marrakech, prévu du 6 au 12 décembre, n’a empêché un bon nombre, d’hommes de médias et de cinéma à faire le déplacement en masse. Tant l’événement, les personnalités présentes en leur qualité de cheville ouvrière de cette manifestation que les surprises réservées à l’audience valaient le détour. Première sortie officielle du quatuor (Noureddine Saïl, Fayçal Laraïchi, Mélita Toscan du Plantier et Bruno Barde) qui compose l’équipe organisatrice du festival, la conférence de presse tenue ce jour-là renseigne à plus d’un égard sur les nouveautés que compte apporter la quatrième édition d’un festival qui semble n’avoir gardé des précédentes expériences que le nom. Même si le vice-président délégué, également directeur général du Centre cinématographique marocain (CCM) a déclaré d’emblée que la quatrième session du festival «s’inscrit dans la continuité des acquis, et dans le même esprit, des précédentes éditions». Il n’empêche qu’un changement majeur, au niveau même de la philosophie du festival, a été opéré.
Le festival de Marrakech de cette année se veut moins un événement qui veut faire comme les autres, mais un événements où l’universel passe le spécifique et le particulier. «Les 14 films participant à la sélection officielle représentent autant d’identités nationales. Au lieu de ressasser des films qui sont projetés dans d’autres occasions, nous avons préféré en découvrir d’autres, qui représentent ce qui se fait de mieux, de plus inventif et de plus frais dans le monde du cinéma», a jouté M. Saïl avant de revenir sur les moments forts que compte offrir le festival, à savoir, et en plus des films en compétition et des films hors compétition (voir ALM, numéro 776 du 22-11-2004), la série d’hommages «du coeur» qui seront rendus à Youssef Chahine, à Claudia Cardinale et à Sean Connery, « maître incontesté de l’actorat et fou de Marrakech », ainsi qu’à l’incontournable cinéma indien. Le festival sera également l’occasion de dresser ce que M. Saïl a qualifié d’ «archéologie» du cinéma marocain.
Autre nouveauté, les films figurant hors-compétition seront projetés en avant-première. Parmi eux figure le tant attendu «Alexandre» d’Oliver Stone et qui sera projeté pour la toute première fois dans un pays autre que les Etats-Unis, avec la présence à Marrakech d’une partie de l’équipe du film. Une quête de nouveauté et de fraîcheur qui a été pour beaucoup dans les choix mêmes des films participants. «A qualité égale entre certains films, nous avons tranché en privilégiant les moins montrés parmi eux. Nous sommes en cela partis du principe qu’il était de notre devoir, et comme cela se fait dans les festivals dignes de ce nom, de découvrir et faire connaître de grands cinéastes», a expliqué Bruno Barde, patron de Public Système Cinéma et directeur artistique de l’édition de cette année. Afin de mieux ancrer le festival dans son environnement et mieux répondre à sa vocation de vitrine non seulement du Maroc, mais aussi du monde arabe et de l’Afrique, tous les films projetés seront sous-titrés en arabe, a déclaré Fayçal Laraïchi, directeur générale de la première chaîne nationale et vice-président du festival. Et d’ajouter qu’une télévision locale, entièrement consacrée au festival et qui émettra le temps de cette manifestation, sera également mise en place. Doté d’un budget global situé de 20 à 25 millions de DH, le festival table sur davantage de visibilité à l’international, notamment sur le plan médiatique.
En attendant, et sur le plan de la compétition, il s’est limité cette année à quatre prix uniquement. Le but n’est autre que de donner plus de crédibilité à cette même compétition. L’édition de cette année, et toujours dans le sens de gagner en crédibilité, s’est également limitée aux longs-métrages. Un changement d’orientation doublé d’un changement de discours, notamment de la part de Mélita Toscan du Plantier, directrice du festival, qui n’a pas caché sa joie de faire partie d’une nouvelle équipe de professionnels et d’hommes, intelligents de cinéma, en remplacement et celle des années précédentes, que chapeautait M. André Azoulay, homme politique et non de cinéma d’après elle.

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