Focus : La belle revanche

De toutes les disciplines artistiques, le théâtre est resté à la traîne. Il n’y a pas pire affront que l’on peut infliger au pourtant «père des arts». Le cinéma a eu tout ce qu’il faut ou presque pour s’épanouir : l’argent, le prestige international (FIFM), l’industrie … Les arts plastiques ont eu leur biennale internationale. L’effet « Rotana » est déjà dévastateur ! Que reste-t-il encore qui n’ait déjà été réhabilité, aidé, voire installé dans le circuit des plus prestigieux événements internationaux. Le théâtre, mille fois le théâtre. On a pris soin de l’enfermer, le confiner, pour ne pas dire carrément l’étouffer. De l’air !, de l’air !, semblaient crier celles et ceux qui ont eu la chance, que sais-je, le malheur de jeter leur dévolu sur le théâtre. Or, ce grand tort vient d’être réparé. Avec effet rétroactif, même. L’événement est d’une ampleur telle qu’il nous a fait oublier de sombres pages faites d’oubli, de négligences, voire d’indifférence. Le Théâtre national Mohammed V vient d’inaugurer, en grande pompe, la Biennale internationale des théâtres du monde. Ceux qui ont assisté, mardi soir, à la soirée inaugurale auront pu mesurer l’intérêt de l’événement. Jamais ils n’auront pu côtoyer un Richard Martin, venu droit de Rue la Promenade, à Marseille, où il tient un théâtre mondialement connu et reconnu, le Toursky, transformé en laboratoire pour les expériences dramatiques les plus audacieuses et les plus innovantes. Dommage que la rencontre avec cet ancien ami du regretté Léo Ferré, et fidèle compagnon d’Armand Gatti, entre autres grands artistes ayant marqué de leurs profondes empreintes l’histoire de l’Humanité, ne fut que de courte durée. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Richard Martin, qui incarne à merveille l’image de l’artiste debout, a associé son nom à l’une des aventures les plus courageuses du XXIème siècle. On a encore du mal à imaginer comment il a pu mobiliser en 2001 un navire de guerre, embarquer à bord une centaine d’artistes et partir en croisière, à travers divers pays de la Méditerranée, pour délivrer un message de paix. Sa présence, en ce mémorable mardi soir, à Rabat, a conféré à la 1ère Biennale internationale des théâtres du monde une saveur particulière. Vivement alors la deuxième Biennale.

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