Fondation Miloud : Un rêve qui se réalise

Fondation Miloud : Un rêve qui se réalise

Miloud Labied avait un rêve, celui de créer sa propre fondation d’arts graphiques . Ce rêve vient de se réaliser. La fondation existe et elle porte le nom de son créateur. Cet espace se situe à Tafroukt Assif El Mal dans la province de Chichaoua.
Lors de son inauguration samedi dernier, prés de 300 personnes étaient là pour assister à cet événement. Le ministre de la Culture, Mohammed El Achaâri, s’est déplacé jusqu’au site pour fêter l’événement. Cependant, ce n’est pas le ministère qui a financé ce projet. C’est par la seule initiative et grâce aux propres moyens de l’artiste que ce projet a pu voir le jour. Il n’a reçu aucune aide, ni de la part du ministère des Affaires culturelles, ni de n’importe quel autre organisme privé. « L’origine de l’idée de Miloud est venue du fait qu’il possède une grande collection de peintures et de travaux graphiques d’artistes marocains et étrangers », déclare Mohammed Chabâa, artiste peintre et ami de Miloud. En effet, c’est le fruit de 35 ans de récolte passionnée et ambitieuse.
Après tant d’années, Miloud Labied a pu regrouper près de 30 oeuvres d’artistes marocains et pas moins de 27 artistes étrangers. Certaines de ces oeuvres inédites lui ont été offertes par des amis. Ainsi des noms tels que Dali,Calvo, Chagal, Corneille, Hartung, Aziz Abou Ali, Malika Agueznay,Belkahia, Mohammed Kacimi, Bellamine, Omar Bouregba, Mohammed Melehi, Mohammed Chabâa, figurent également dans cette collection. Et la liste est encore longue.
Parallèlement aux oeuvres picturales, des travaux lithographiques et des gravures sont également regroupés dans cette collection. «Cette idée est très originale étant donné que l’estampe est très rare au Maroc et nous ne trouvons pas beaucoup d’artistes qui se consacrent à la gravure et à la lithographie», ajoute Mohammed Chabâa. Mais ce vide pourrait être comblé. En effet, Miloud Labied pense également ajouter des pièces à l’espace qui abrite l’exposition, et ce afin de pouvoir recevoir des artistes en résidence de création. En effet, l’espace est agréable et tout à fait propice à la création. « C’est un endroit très beau, situé en face d’une chaîne de montagnes d’une beauté poignante.
C’est une ambiance qui peut abriter non seulement des peintres, mais aussi des écrivains, des poètes…», comme l’évoque Mohammed Chabâa. Un endroit comme celui-ci est inspirateur de paix, c’est un espace qui permet d’être en osmose avec la nature. Mais ce projet d’installer des résidences d’artistes ne pourrait pas se réaliser actuellement. C’est une idée pour l’avenir, car cela demande beaucoup de moyens et nécessite des équipements spécialisés. L’espace doit être équipé de lino gravure et de lithographie. Mais selon Miloud Labied « cela demande du temps et des moyens, car il faut recruter des personnes pour travailler et aussi équiper l’espace de chambres pour le logement des artistes »
Pour ce faire il faudrait que d’autres personnes s’impliquent, à savoir des associations, ou d’autres sponsors. Il faudrait pouvoir aboutir à un véritable mécénat. Pour l’instant, le mécénat, Miloud est le seul à le faire. Mais c’est loin d’être une solution, et comme il le déclare lui même : « Je suis fatigué, je ne peux pas m’occuper de tout cela seul » Et comme l’entend le proverbe marocain, « une seule main ne peut pas applaudir ».
Miloud Labied a pris son courage à deux mains et est allé jusqu’au bout de son rêve, celui de créer sa propre fondation. Seulement, ce rêve pourrait être encore plus beau si la société civile s’implique dans ce projet dûment entrepris par l’artiste. Maintenant c’est aux autres, société civile, banques, sponsors, d’agir.
Mais in fine, à 65 ans Miloud Labied a créé sa fondation, il a pris son courage à deux mains, et pourrait au moins passer des jours agréables en communion avec la nature, en attendant que la société civile s’active.

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