Gafait : Une oasis magique à mi-chemin entre Oujda et Jerada

Gafait : Une oasis magique à mi-chemin entre Oujda et Jerada

Là où personne ne s’attend à une eau abondante et ruisselante entre le feuillage d’une verdure apaisante. Là où la magie des lieux embellit les couleurs éclatantes de la roche et de l’argile. Là où le terroir est rafraîchi par le murmure d’une eau scintillante qui émerge de nulle part pour en faire un réseau de résonances aquatiques d’une vingtaine de sources. Là où les montagnes avoisinantes des hauts plateaux permettent à l’ombre de ces majestueuses élévations d’apaiser une canicule qui trouve refuge dans le lit accueillant de l’Oued Za. Là où la nature des alentours est hostile, l’oasis de Gafait contraste avec ses voisinages arides au plaisir de ceux qui savent s’émerveiller devant la beauté naturelle d’une oasis.C’est Gafait, l’oasis la plus proche de la Méditerranée. Du moment qu’elle loge refuge à moins de 140 km, à vol d’oiseau, des plages dorées de Saidia.A Gafait, tout est murmure envoûtant et calme dulcifiant en échos à d’autres synchronismes discrets provenant cette fois-ci de visiteurs qui ont envahi des lieux par des chuchotements joyeux ou d’admiration oscillant entre conversations mondaines et prières devant la singularité des espaces. En somme, ivresse ineffable et pensées discrètes exprimées devant l’émerveillement imagé des lieux.Cette paisible localité qui est presque déserte en hiver se transcende avec l’arrivée du printemps et la saison de chaleur en espace de villégiature vénéré, que seuls les habitants de la province de Jerada et de l’Oriental savourent discrètement jusqu’à présent.Pour aborder le site touristique de Gafait qui se trouve aux pieds d’une montagne qui fond harmonieusement dans le lit de l’oued, il faut d’abord se frayer passage sous un feuillage serpentant rivières et sources avant d’arriver à l’Oued Za. À partir de cet espace constitué de pierres en granite ou en grès avec une teinte blanchâtre qui témoigne de la spécificité du site, on discerne la variabilité naturelle à l’état brut. D’un côté, une bordure désertique à l’instar des falaises rocheuses des montagnes de l’Atlas saharien et de l’autre une végétation à flore variée. Un contraste qu’on peut aussi contempler à partir des différentes piscines naturelles ou artificielles aménagées pour les différents types d’âge.La localité de Gafait est à 90 kilomètres au sud de la ville d’Oujda et à 27 km de Jerada. À l’origine de ce nom, plusieurs versions. Pour les uns, c’est une traduction du dialecte local qui signifie «il vient de passer» et qui est à relier avec le passage du saint vénéré Sidi Abderrahman Almajdoube dont l’âme protectrice plane sur les lieux. Pour d’autres, c’est un nom amazigh qui symbolise la parure que portent les mariées le jour de leurs noces.La commune rurale de Gafait compte actuellement quelque 7000 habitants qui sont en majorité des agriculteurs et éleveurs de bétails. Ces derniers temps, plusieurs d’entre eux ont investi dans l’élevage des vaches laitières et se sont convertis en producteurs de fromage naturel. La production laitière de la commune de Gafait est passée ces cinq dernières années d’un millier de litres à quelque 4 000 litres par jour actuellement.Cet intérêt pour le développement des produits du terroir à l’instar du miel, l’huile d’olive, les légumes bio, et le lait n’a pas relégué l’offre touristique aux abonnés absents. Bien au contraire, des initiatives louables sont entreprises depuis cinq ans pour transcender Gafait en attractivité touristique d’arrière- pays. A cet effet, l’association «Gafait pour la culture et le développement» a concocté tout un programme d’animation culturelle et artistique le long de juillet pour contribuer à mieux communiquer un site touristique, longtemps négligé, pour en faire un moteur de croissance régionale. Des animations qui visent notamment l’enclenchement d’une dynamique touristique à travers l’animation culturelle et artistique. La culture à travers la revalorisation de certaines danses et traditions locales. L’effort artistique axe ses intérêts sur l’organisation d’expositions d’arts plastiques et le travail sur la sculpture des pierres avoisinantes pour en faire un musée à plein air. Un espace de créativité ouvert sur la nature avec ateliers remontés dans leur environnement. Une expérience typique pour prendre goût à se laisser emporter par la tranquillité d’un village du Maroc oriental.«Ces actions sont le fruit d’une étroite collaboration entre plusieurs partenaires notamment l’agence de l’Oriental, l’agence de développement social, la commune rurale de Gafait, la direction régionale de la culture d’Oujda, outre la municipalité de Haspareene et le centre culturel basque en France», a expliqué à ALM Sameh Derouiche, président de l’Association Gafait pour la culture et le développement. Et d’enchaîner : «Les programmes d’animation à visée promotionnelle du site de Gafait honorent chaque année l’une des figures emblématiques de la danse folklorique N’Hari, qui est une danse locale. Et pour pérenniser cette danse nous avons programmé un concours annuel de danse folklorique pour les jeunes de la région avec comme objectif final l’organisation d’un festival national de la danse Nhari».En parallèle avec l’animation artistique et les ateliers de peinture organisés chaque été ou durant les vacances du printemps, les associations locales font appel à des artistes de renommée internationale pour accentuer la valeur artistique du site.Pour cet été, le sculpteur français : Régis Pochelu a, durant 22 jours, réalisé une sculpture de falaise rocheuse à dimension 5m/2 m. Côté services proposés, le site touriste de Gafait est encore un site sans grands aménagements d’accueil. On peut cependant y louer des tentes pour une journée ou plus, des cabanons en rosier. Comme on peut se détendre dans l’un des dix cafés de la place. Des espaces de repos à spécificité locale du moment qu’ils proposent leurs services sur des tables qui se trouvent au milieu des rivières coulantes. Ainsi, vous pouvez déguster votre thé (5 DH), grillade (90 DH le kilogramme) ou tagine local (50 DH) alors que votre tête est à l’ombre et vos pieds dans l’eau qui chatouille par l’effet du ruissellement.

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