Ghita Skali, des mots et des regards

Elle s’appelle Ghita. Elle à peine seize ans. Elle étudie en second, option arts plastiques au lycée Léon l’Africain à Casablanca. Elle organise sa première exposition qu’elle a choisie d’inscrire sous le thème «Ni queue, ni tête». «C’est un peu à l’image de mes écrits et de mes photos qui ne s’inscrivent, volontairement, dans aucun genre. Je m’intéresse à la photo depuis huit mois environ. J’ai appris quelques techniques sur Internet mais c’est du simple travail d’amateurs. Je n’ai jamais eu l’ambition d’exposer, mais mon travail semble très apprécié et encouragé par des professionnels (scénographes, photographes, artistes,…). Je prends un peu tout en photo, des scènes du quotidien que je valorise grâce à mon appareil».
En exposant des photographies caressées par des mots, Ghita, immortalise des âmes, libère des regards emprisonnés, des sourires captivés, fige dans le temps des paysages, sauvegarde des beautés, valorise des objets ou êtres, par la vie, banalisés, concrétise une pensée ou un imaginaire farfelu. Ghita n’est pas uniquement photographe, mais elle écrit aussi des poèmes et des nouvelles : «J’écris énormément depuis un bon bout de temps. J’ai d’ailleurs été primée dernièrement par le centre culturel français pour le prix «Une ville, une âme», par la mention spéciale du jury, lors du dernier Salon international du livre».
L’exposition «Ni queue, ni tête», rend compte de la diversité du travail de Ghita. Ses photos comportent des paysages, des portraits, des choses de la vie courante. Certains de ses textes sont drôles, d’autre plus sérieux. «Je cherche simplement à m’exprimer et c’est grâce à un appareil photo et à un clavier que j’arrive à créer ma vision du monde». Ghita est aussi le personnage de Zina la mignonne, le petit ange, fruit de son imagination.
«J’ai l’impression d’être vieille. Sinon, je profite de ma vie d’enfant qui, malgré les apparences est bien mouvementée». A l’entendre parler, Ghita véhicule une sagesse d’adulte avertie.
«J’entends souvent dire autour de moi que tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir. Et bien, pour moi c’est la même chose. Autrement dit, je possède comme tout humain, une bonne et une mauvaise parties et ceci dès mon plus jeune âge. Il ne faut pas s’en étonner, je suis comme vous. J’ai juste vécu moins longtemps».
Faire de la photo, c’est écrire autrement, avec un appareil, au moyen d’un ou de plusieurs regards, optiques, angles. Ghita écrit dans un de ces textes : «S’ils n’osent vraiment pas, c’est aussi parce qu’ils savent que la parole baissera l’intensité de ces regards. Qui a-t-il de plus beau que de parfaits inconnus qui s’admirent? Leurs regards… Les mêmes regards matin, midi et soir…Ils se regardent. Ils se gênent mutuellement. Savoir que l’on est observé, ça nous met mal à l’aise… Mais ces yeux remettent tous dans l’ordre, dans un ordre parfait… Ils laissent tout tomber : famille, travail, carrière, amour et réussite. Et cela, à la quête de ce regard perdu…Ces regards hantent de plus en plus leurs pensées….». Et d’enchaîner sur un autre texte intitulé «Mes photos» :  «Tous les jours, nous prenons des photos. Nous immortalisons des instants de nos vies respectives, du bonheur que nous  avons partagé. Cela nous permet de relativiser quand ce bonheur éphémère n’est plus là. Cela nous permet aussi d’entretenir nos mémoires».  Rendez-vous donc au café Sugar Hil, pour une bonne tasse de photos et de mots. 

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