Golshifteh Farahani: «C’est un honneur que d être dans un jury présidé par Martin Scorsese»

Golshifteh Farahani: «C’est un honneur que d être dans un jury présidé par Martin Scorsese»

ALM : Vous êtes la plus jeune membre du jury du FIFM de cette année. Comment envisagez-vous de vous imposer dans cette composante?

Golshifteh Farahani : Il est vrai que c’est une mission dure. Mais déjà le fait d’être membre d’un jury présidé par Martin Scorsese et composé de grosses pointures du cinéma est un grand honneur pour moi.  

Avez-vous des connaissances sur le cinéma marocain ?

Je crois que je devrais me cultiver davantage à son propos.   

Quel est le secret de la réussite du cinéma iranien malgré la censure dans votre pays ?

Il y a environ dix ans, l’Iran produisait 150 films par an. Parmi eux, deux ou trois films font le tour de festivals comme c’est le cas des films de Farhadi et Kiarostami. Ces réalisateurs ont eu un apport pour le cinéma iranien après la révolution de par leur créativité. Et en général, les films iraniens véhiculent toujours des messages à propos des sujets qu’ils ne peuvent pas aborder ouvertement.

Vous êtes toujours en exil ?

Oui, cela fait cinq ans et demi que je le suis. Cela s’est passé quand j’ai participé au film américain de Ridley Scott alors quand  je suis rentrée en Iran on m’a confisqué mon passeport pour ne pas franchir les frontières et participer à un autre film. Et depuis j’ai passé sept mois à peu près en interrogatoires. C’était des moments très difficiles. Les Iraniens pensaient que les Américains allaient me manipuler et que la CIA allait se servir de moi. Alors que c’était juste des illusions et une paranoïa. Quand même j’ai fini par récupérer mon passeport. En attendant j’ai joué dans le film de Farhadi au moment où j’ai raté pas mal de films à l’étranger. D’autant plus que mon nom était sur la liste noire. Malgré cela j’ai pu quitter l’Iran. Par contre je n’ai jamais voulu quitter mon pays pour de bon parce que toute ma famille est encore là-bas. Pour moi c’est le meilleur pays. Je trouve que l’Iran c’est le New York du Moyen-Orient. L’art et la culture y sont essentiels.  Il me manque tellement !         

Mais les choses devraient changer avec le nouveau gouvernement…

C’est vrai qu’avec le nouveau gouvernement, plusieurs messages sont véhiculés. D’autant plus que le problème ne réside pas au niveau du président ou du gouvernement mais dans les guides suprêmes.

Des projets à venir ?

Je suis sur le film «Eden» qui aborde de la musique disco et sa gloire dans les années 90. Il y a deux autres projets de films en français, cela fait plaisir de jouer dans des films où je parle en français et en anglais entre autres au moment où je ne peux pas jouer dans des films iraniens.

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