Hakima Aroussi: «La danse en tant qu’art suscite peu d’intérêt au Maroc»

Hakima Aroussi: «La danse en tant qu’art suscite peu d’intérêt au Maroc»

Entretien avec Hakima Aroussi, professeur de danse

Je  pratique mon talent, soit la danse, en festivals uniquement. Je ne danse ni en spectacles ni en cérémonies de mariage, et encore moins dans des boîtes de nuit.    

ALM : On voudrait d’abord connaître votre histoire avec la danse depuis le début !!

Hakima Aroussi  : Mon talent s’est manifesté depuis un âge précoce. Déjà, à six ans, je chantais et dansais dans une troupe de théâtre pour enfants au complexe culturel de Casablanca et d’autres salles. Là où l’on présentait des pièces de théâtre, chansons et danses pour enfants. Je participais également à toutes les activités scolaires organisées à l’occasion de fêtes lors desquelles des shows étaient présentés. Au lycée, j’ai commencé la danse dans un club de sport. J’y apprenais aux filles la danse orientale et marocaine.

Mais où est-ce que vous avez appris cet art ?

Quand je suis partie en Espagne, j’ai décidé d’étudier la danse. Après quoi, j’ai voyagé à Paris, en Allemagne et en Egypte. Ainsi, j’ai étudié chez les plus grands professeurs de danse dans le monde à l’instar de Zaza Hassan, du Docteur Moujdaoui, du grand professeur Mahmoud Reda et Rakia Hassan. J’ai appris chez des danseuses de renom comme Mouna Essaïd, Nelly Fouad, Fifi Abdou et Najoua Fouad, etc. Pour l’heure, je suis professeur de danse titulaire de diplômes délivrés par les plus grandes écoles de danse dans le monde. Je suis également membre du jury de compétitions internationales dans des festivals organisés de par le monde, notamment le Festival de danse orientale international en Egypte, berceau de la danse. Cela dit, je cherche toujours à apprendre davantage et tirer profit de l’expérience de mes enseignants.

Vous excellez également en danse marocaine. Comment vous y êtes-vous initiée ?

Je n’ai pas trouvé d’écoles ou de professeurs pour apprendre la danse marocaine.

Pour interpréter cette chorégraphie, je me contente de mon talent et  de mes propres recherches dans l’histoire de notre beau folklore. Je suis considérée professeur de danse orientale parce que j’en ai étudié l’histoire depuis ses débuts. Par contre, je ne suis que coach de danse marocaine puisque je n’y ai pas reçu de formation.

Que faites-vous quand vous ne dansez pas ?

Je travaille dans une société de transport et je  pratique mon talent, soit la danse, en festivals uniquement. Je ne danse ni en spectacles ni en cérémonies de mariage, et encore moins dans des boîtes de nuit.                

On connaît votre haut niveau dans certains genres de danses, notamment orientale et marocaine. Existe-t-il d’autres danses que vous pratiqueriez ? Et laquelle préférez-vous ?

En fait, j’aime tout style de danse comme j’aime apprendre, chaque jour, de nouvelles démarches. Ainsi, je danse, en tant qu’amatrice, la salsa, le merengue, la bachata, la kizomba et le flamenco entre autres danses latines lesquelles je ne peux pas prétendre maîtriser. En tout cas, j’essaie constamment de m’améliorer en apprenant plus de démarches. Quant à mes danses de prédilection, ce sont l’orientale et la marocaine.

Vous donnez des cours de danse au Maroc. Est-ce qu’elles sont nombreuses à s’y intéresser ?

Je donne des cours non seulement au Maroc mais aussi dans les pays du monde entier : Mexique, Venezuela, Argentine, France, Espagne, Allemagne et en Europe en général outre l’Egypte. Dans l’ensemble, je me suis rendue dans plusieurs pays et je cherche à visiter tous les coins de la Terre. Pour répondre à votre question, je trouve qu’il n’y a pas lieu de comparer entre le reste du monde et notre pays puisque la danse suscite très peu d’intérêt au Maroc. Or, rien qu’en Espagne, par exemple, il existe plus de 70 écoles de danse orientale.

Que pensez-vous de la danse en tant qu’art à part entière, notamment dans notre société ?

La danse existe partout, dans toute maison, cérémonie de mariage et boîte de nuit. Par contre, elle n’est pas en mesure de participer aux festivals internationaux parce que nous sommes en manque d’écoles et de professeurs.

Etes-vous installée au Maroc ou à l’étranger ?

Je suis d’origine casablancaise. Mais je suis installée à l’étranger depuis plus de 14 ans. Ce choix n’a rien à voir avec la danse puisque ma famille est installée en Espagne. C’est pour cela que je l’ai rejointe.

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