Hamid Najah : «C’est à Derb Sultan que j’ai débuté ma carrière artistique»

Hamid Najah : «C’est à Derb Sultan que j’ai débuté ma carrière artistique»

ALM : Que symbolise pour vous le quartier Derb Sultan?
Hamid Najah : Derb Sultan est toute mon enfance, c’est presque ma vie, c’est mon savoir, mon existence, car c’est dans ce quartier où a débuté ma carrière artistique en faisant la connaissance de divers gens de Derb Sultan. Je cite Ahmed Habchi, Fadel Youssef, Azzedine Rifky, l’ écrivain Jabrane Mohamed, le metteur en scène Mohamed Sahmaoui, Mohamed Ben Brahim, Zaki Billal, feu Rachid Guennoun et d’autres. On travaillait ensemble au théâtre amateur. Mes débuts étaient en 1965. Mes études primaires étaient à l’école Mohammedia de Derb Monastir, puis à Al Azhar où il y avait un terrain de foot à l’Hermitage en face du collège Moulay Abdallah. On faisait le théâtre dans une troupe intitulée «Al masrah Al Bassime» et on répétait au centre culturel de Derb Bouchentouf. Ahmed Habchi m’a incité à lire Stanislavski à cette époque. On avait joué une pièce intitulée «Le zéro» de Mohamed Jabrane. On a fondé aussi une troupe en 1977, intitulé «Groupement 77». Il y avait comme membres Ahmed Habchi, Youssef  Fadel, cinéaste très connu, Kawti Mohamed, actuellement président de la Mutuelle nationale des artistes, Kwindi Salem, théoricien du théâtre d’enfants, Amal Ahmed, professeur de théâtre à l’ISADAC à Rabat, Benrahou, fonctionnaire à l’administration du complexe culturel de Sidi Belyout. J’ai appris énormément de choses avec tous gens là dans le domaine artistique.

Quels sont les souvenirs que vous en gardez?
On faisait nos réunions et répétitions à l’italienne dans la maison d’Ahmed Habchi, au quartier Grégoine rue numéro 6, chaque semaine. On cotisait 20 centimes par membre. Il n’y avait pas de soutien du ministère de la Culture, mais on arrivait à faire des chefs-d’œuvre, tels que «Le zéro» de Mohamed Jabrane et «Le coiffeur du quartier des pauvres» de Fadel Youssef et d’autres pièces de grandes importances à l’époque durant les années 70. Il y avait aussi le club «Al Aazaim» dirigé par Saâd Chraïbi cinéaste. Au cinéma Kawakib, chaque dimanche, on projetait un film, et il y avait une discussion qui se déroulait à la fin de chaque projection, on cotisait 15 dirhams l’an, j’ai appris énormément de choses du club Al Aazaim.

Est-ce que vous gardez toujours des liens avec Derb Sultan?
Bien sûr, puisque la maison de mes parents est toujours à Derb Sultan. Ainsi qu’une sœur qui y habite toujours. Récemment, j’ ai tourné un film de télévision, sous la direction de Fadel Youssef. La fourgonnette qui devait m’emmener à mon domicile actuel, transportait aussi les costumes du film et devait les poser d’abord au quartier Grégoine, l’ancienne maison de Fadel Youssef. En attendant le déchargement, j’ai constaté le changement total du quartier, envahi par des boutiques et des magasins de commerce. Tout a changé complètement. Jadis, cette rue était déserte. On discutait du théâtre dans cette rue devant la maison de Fadel Youssef. Je suis resté un moment pour me souvenir du passé. Nostalgie totale.

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