Hamri, la légende

«Hamri aurait été très content de voir ce livre sur sa véritable vie, si étonnante et si pittoresque, décrite telle qu’elle fut, par deux vieux amis qui comprenaient et admiraient son art, appréciaient sa personnalité fantasque et haute en couleurs. » Ainsi parle Blanca Hamri, en avant-propos de « Hamri : Le peintre du Maroc ». Ce qui est intrigant dans ce livre est le fait qu’il soit un hommage à Mohamed Hamri et que, dans ses premières pages, on peut lire : « A la mémoire d’Andrew et de Hamri ». Intrigant lorsque l’on sait qu’Andrew Davison, Comte de Clandermond, n’est autre que le co-auteur du livre, avec Terence MacCarthy. Andrew est décédé le 5 novembre 2003 et son dernier voeu était de publier « Hamri : Le peintre du Maroc ». Mohamed Hamri (1932-2000) ne fut pas seulement un des rares génies de l’art marocain du XXe siècle, mais aussi compositeur, chef cuisinier et conteur, d’une exceptionnelle adresse et d’une grande finesse. Tennessee Williams, Paul Bowles, William Burroughs et autres écrivains de renommée, ou encore les célèbres peintres Francis Bacon et Brion Gysin figuraient parmi ses connaissances et, plus, Hamri était considéré comme leur égal. Mieux encore, c’est bel et bien Hamri qui initia les Rolling Stones à la musique ancienne des flûtes de Pan de Joujouka. Une musique que Mick Jagger et ses compères interprétèrent et firent connaître au monde. Hamri s’autoproclamait « Peintre du Maroc », mais il était beaucoup plus. Il était l’incarnation même de cette de cette âme marocaine, c’est pourquoi ses magnifiques peintures sont pleines de sons, d’odeurs et de signes d’Al Maghrib Al-Aqsa, ou, tout simplement, Terre de l’Extrême Ouest. « Il était une fois, quand le monde était jeune, un petit garçon qui vendait des gâteaux dans les villages des montagnes Al Serif au Maroc. Il se levait à l’aube, rassemblait les plateaux de pâtisseries encore chaudes pour la veuve chez qui il travaillait puis il mélangeait des colorants végétaux aux glaçages pour la décoration. Il apprit que les couleurs vives et claires étaient les plus attirantes et il prit du plaisir à mélanger ces belles nuances de rose, bleu, vert et jaune. Puis, assis sur son âne, les paniers de paille pleins, il allait de village en village, colportant sa marchandise. Rêvait-il alors qu’un jour, il deviendrait un peintre célèbre et qu’on écrirait des livres sur lui ? », s’interroge, ainsi, Blanca Hamri.

« Hamri : Le peintre du Maroc », Andrew Clandermond & Terence MacCarthy, 179 pages

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