Hanae Sabir : «Mon mariage m’a donné la liberté qu’il me fallait»

Hanae Sabir : «Mon mariage m’a donné la liberté qu’il me fallait»

ALM : Comment est née en vous votre vocation pour les arts plastiques?
Hanae Sabir : La vocation pour les arts plastiques est née avec moi, car je fais partie d’une famille d’artistes, donc j’ai grandi dans un milieu plein de peinture et de création. Même que j’ai commencé à visiter les galeries et les musées très jeune avec mon père qui est artiste et professeur d’art au Centre pédagogique de Tanger, et, au fil des années, mon amour pour l’art s’est développé en ambition de tracer mon chemin et devenir une artiste.

Vous avez un style très particulier, quelles sont vos sources d’inspiration ?
Mon travail a commencé premièrement par des recherches, par observer mon entourage, j’étais sensible à l’utilisation quotidienne de certains matériaux qui, pour les autres personnes, restent inaperçus ou des objets du quotidien. Moi, je leur trouvais une grande valeur. Toutes ces images et matières ont constitué la base de mon travail conceptuel qui a parallèlement nécessité beaucoup de recherches expérimentales, et non seulement dans la peinture, mais aussi, au niveau d’autres moyens d’expression comme la performance, l’installation et l’art vidéo. Il faut noter que plus on cherche, plus le travail donne l’ouverture à d’autres inspirations et d’autres sujets, mais tout ne tourne pas qu’autour de l’identité, des émotions et de l’état de l’âme

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans votre carrière?
La première difficulté pour moi a été celle de convaincre ma famille de mon choix, car devenir artiste au Maroc pour eux n’avait pas un grand avenir. C’était pour eux incomparable à une autre carrière qui pourrait avoir un avenir sûr. Mais moi, j’étais très convaincue de ce que je voulais, bien qu’il n’y avait pas un grand choix d’écoles d’art à l’époque, j’ai insisté jusqu’au bout! La difficulté suivante a été d’imposer mon style. Mon style a été difficile à adopter par les gens au début. Pour certains, ce n’était même pas de l’art. Mais, avec un peu de patience et beaucoup de talent, j’ai fini par convaincre ces gens-là qui ont commencé à acheter mes œuvres régulièrement.

Qui est l’artiste qui vous séduit le plus par ses œuvres?
(Rires). Il n’y en a pas qu’un seul! Dans ma carrière, j’ai été influencée par beaucoup d’artistes. Aussi, mon amour pour la lecture et la découverte m’ont laissée admirer en profondeur des chefs-d’œuvre d’artistes comme Juan Miro, Wassily Kandinsky, Rebecca Horn, Gharbaoui et bien d’autres que je ne saurais tous citer ici.

Comment voyez-vous l’évolution des arts plastiques au Maroc?
Je suis très optimiste à ce sujet, car je vois beaucoup de galeries qui ouvrent, et aussi des écoles d’art partout au Maroc, et même les gens s’intéressent de plus en plus à l’art contemporain et demandent à voir de jeunes talents et de nouvelles créations.

Vous êtes également une très belle femme. Pouvez-vous nous dévoiler vos secrets de beauté?
Je ne vous mentirais pas si je disais que, vraiment, je ne fais pas grand-chose pour ça! Je n’ai donc pas de secrets particuliers. J’essaye de garder la ligne par une alimentation saine et équilibrée, et aussi, je fais du sport régulièrement, ça m’aide à garder la forme et le moral. Sinon, je n’oublie jamais d’hydrater ma peau tout au long de l’année. Voilà, vous savez tout.

Avez-vous d’autres talents cachés?
Oui! J’adore la danse dans tous ses styles. Sinon j’aime beaucoup cuisiner et inventer mes propres recettes. Mais également, je pense que les ateliers de théâtre que j’ai fait m’ont permis d’acquérir un certain sens de l’humour qui apporte un semblant de joie dans mon entourage.

Et côté cœur, comment se porte Hanae?
À merveille! Je suis très amoureuse de mon mari qui est aussi mon meilleur ami et qui m’apporte un grand soutien dans ma carrière. J’ai eu de la chance de l’avoir à mes côtés à un moment où le grand amour et l’engagement deviennent très durs à trouver. Cependant, moi je dis que ce n’est pas vrai! Parfois la vie nous cache des petites surprises! Et même après le mariage, quand la relation est basée sur la sincérité et le respect, l’amour se nourrit et devient de plus en plus fort.

L’artiste étant une personne très sensible, votre mariage a-t-il influé sur votre évolution artistique?
Contrairement à ce qu’on m’a toujours dit, à savoir que l’artiste ne peut pas s’engager et réussir sa vie personnelle, pour moi le fait de m’engager et de me marier m’a changée certes, mais dans le bon sens. Je trouve que j’ai gardé le même rythme de travail qui d’ailleurs ne peut pas s’arrêter ou ralentir parce que, même quand il m’arrive de ne pas avoir d’inspiration pour travailler, j’en profite pour lire et pour poursuivre mes recherches. Sinon, mon mariage m’a donné la sécurité et la liberté qu’il me fallait pour visiter le monde entier et pour nourrir ma créativité surtout que mon mari m’encourage beaucoup. Il est très conscient de l’importance de ma carrière et comme il est fier de moi, il me dit souvent que nos enfants seront aussi fiers de nous et fiers de grandir dans un milieu plein de couleurs.

Quels sont vos projets artistiques pour 2011?
Pour 2011, je prépare une exposition à Paris suite à la demande de beaucoup de galeristes qui ont assisté à mon exposition à Luxembourg. Sinon, je vais revenir à ma ville natale Tanger qui m’ouvre ses portes pour la 1ère fois pour une exposition individuelle.

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