Handball : le mythe des frères Bouhaddioui

Handball : le mythe des frères Bouhaddioui

L’équipe nationale de handball a rencontré au premier tour des phases finales de la Coupe du monde qui se déroule actuellement en Allemagne, la redoutable équipe de la Russie considérée comme une référence dans le monde de la petite balle.
Face aux Russes, au palmarès époustouflant et aux gabarits combien impressionnants, les chances des Marocains étaient minimes.
Cette rencontre «déséquilibrée» sur le papier, a permis l’émergence d’une star : Ismaïl Bouhaddioui. L’international marocain a séduit avec son handball tout en finesse où la technique se conjugue harmonieusement avec la subtilité et l’intelligence du jeu. Organisateurs et public étaient unanimes à désigner Bouhaddioui comme le meilleur joueur de la rencontre et comme l’un des meilleurs handballeurs ayant marqué le premier tour de cette grande fête mondiale qui se déroule en Allemagne.
Sans complexe aucun, Ismaïl Bouhaddioui a étalé toute sa maestria pour tromper la vigilance d’une défense toute en muscles et marquer à plusieurs reprises. Son agilité et sa souplesse, amplifiées par les encouragements d’un public connaisseur, lui ont donné des ailes et ouvert le chemin des buts qu’il empruntait avec aisance.
Ce handballeur discipliné et assidu n’a rien d’un superman. C’est un tempérament. Une nature. Chez-lui, la pratique de ce sport fait partie des traditions familiales. Dès son jeune âge, il a automatiquement suivi le chemin tracé par son frère aîné Noureddine Bouhaddioui, l’actuel coach du Sept national.
Le mythe Bouhaddioui a commencé dans les années 70 à Méknès où il y avait également les frères Aït Ben Ali dont l’aîné, Mustapha après avoir fait les beaux jours du CODM et de l’équipe nationale, a pris les commandes de la sélection nationale comme entraîneur.
Son baptême de feu avec le handball, Ismaïl Bouhaddioui l’a fait dans les collèges et lycées de la capitale ismaïlienne dont les établissements scolaires étaient de véritables viviers pour plusieurs disciplines sportives. Si pour le football il y avait Kacem Bennouna et l’athlétisme Abdelhadi Berrada, pour le handball, il y avait un certain « Ba Arraoub », arbitre international et entraîneur qui a consacré toute son énergie et tout son temps à l’épanouissement de cette discipline. Pour les frères Bouhaddioui, Noureddine et Ismaïl, l’amour du handball a commencé à un âge précoce. Nourddine venait de souffler sa septième bougie lorsqu’il avait commencé à développer un intérêt pour ce sport au sein de l’école Lalla Fatima Zahra. Mais c’est au collège Moulay Youssef et grâce à sa rencontre avec Ba Arroub que Nourddidne Bohaddioui a appris les secrets et les rudiments de cette discipline. Il avait tous les atouts pour réussir une carrière sans faute. Le virus du handball rattrapera par la suite le jeune Ismaïl qui avait tout pour être “contaminé“.
Le passage des deux frères à l’institut Moulay Rachid sera déterminant pour le reste de leur carrière sportive. Noureddine y découvrira une autre vocation, celle d’entraîneur. Une vocation qu’il va, d’ailleurs, exercer pendant des années avec la même passion, le même engouement et la même détermination. Ismaïl, lui, va développer son jeu sur le terrain en l’améliorant au fil des ans.
Les deux frères feront les beaux jours du CODM et de l’équipe nationale, gravant ainsi leurs noms dans l’histoire de ce sport. Durant les années 80, l’équipe méknassie enchaînait les titres. Ce fut l’époque glorieuse où elle a été sacrée plusieurs fois championne du Maroc.
Les deux joueurs suivront par la suite des chemins différents, tout en visant le même objectif : la quête de la perfection et l’abnégation pour les maillots de leur équipe et de la sélection nationale.
En 1996, le technicien Noureddine se rendra en Allemagne pour approfondir ses connaissances. Il fera des études supérieures qui lui seront fort utiles. Ismaïl, lui, a acquis ses lettres de noblesses en Espagne.
Entre le début de la carrière des frères Bohaddioui et aujourd’hui beaucoup de choses ont changé : les collèges et les lycées n’organisent plus les jeux scolaires, ces véritables laboratoires d’essais, l’équipe nationale manque de moyens et le championnat national est presque agonisant. Les Bohaddioui, eux, n’ont pas changé. Le combat continue. Mais jusqu’à quand ? La relève n’est pas assurée. Le système qui a permis à ces deux handballeurs d’émerger fait désormais partie des souvenirs qu’enrobe une amère nostalgie.

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