Hasna El Badaoui : «Je ne tolère plus le «clownisme» auquel se livrent certains acteurs»≈

Hasna El Badaoui : «Je ne tolère plus le «clownisme» auquel se livrent certains acteurs»≈

ALM : D’où est né le concept d’Ahwal Nass ?
Hasna El Badaoui : Le concept est inspiré de «Min Qadaya Ramadan», une série élaborée durant les années 80 par notre père et maître Abdelkader El Badaoui. L’objectif étant de mettre en relief nos pratiques ramadanesques et corriger certains clichés d’un point de vue social et religieux. «Ahwal Nass» a repris cette expérience mais sous un nouvel angle. Nous avons choisi d’élargir notre vision, et ce en traitant, en 13 minutes, divers thèmes relatifs à notre quotidien. Les sujets abordés sont l’imposture, la médisance, la violence conjugale, le patriotisme et autres. Il faut dire que «Ahwal Nass» accompagne cette dynamique que connaît actuellement notre pays. La série s’inscrit dans cette ère de changement. Par son biais, nous initions le public marocain aux bonnes pratiques de citoyenneté. Les échos sont positifs même si la série n’est pas programmée en «prime time». Le public apprécie ce que nous présentons et ne cesse de nous combler de son amabilité et de soutien.

Ahwal Nass est également signée par la relève d’Abdelkader El Badaoui…
(Sourires) En effet, c’est la première production télévisuelle écrite et réalisée par la relève d’Abdelkader El Badaoui. L’idée nous a beaucoup plu. Joindre le jeu dramatique aux préceptes de la religion est un bon moyen pour véhiculer clairement notre message.
D’autant plus que le mois de Ramadan est connu pour sa sacralité et sa spiritualité ainsi les gens sont prédisposés au recueillement religieux. Compte tenu de ces facteurs, Karima et moi avons écrit le scénario au moment où Mouhcine s’est chargé de la réalisation de la série. À travers Ahwal Nass, nous avons relevé un grand défi. Nous avons tourné avec une seule caméra, et ce dans plus de 90 décors.
De même, nous avons collaboré avec un chef opérateur belge et une équipe très dynamique composée de jeunes techniciens marocains. Le travail orchestré de ces collaborateurs a garanti le succès de la série.

Qu’en est-il de la participation de Karima ?
On est vraiment heureux que Karima soit parmi nous dans ce projet tant bien que scénariste qu’actrice. Sincérement, Karima a placé la barre très haut et a contribué davantage à la réussite de la série. C’est une artiste qui a su graver son nom sur la scène égyptienne et arabe. En plus, elle est très douée. Dans cette série, elle a incarné 30 personnages différents. Nous sommes également ravis que notre père Abdelkader El Badaoui eut participé avec nous. L’ambiance du tournage était plus que bonne. Le partage, l’échange et le professionnalisme régnaient sur le plateau.

Est-il facile de diriger Abdelkader El Badaoui sur un plateau de tournage ?
Abdelkader El Badaoui est une personne très ouverte d’esprit. Il arrive au plateau du tournage prêt à accomplir son rôle sans émettre la moindre objection. Il présente ses propositions, si nécessaire, sans pour autant nous persuader de les adopter. Il est d’une grande écoute. D’ailleurs, il était notre orienteur durant l’élaboration du scénario.

Qui s’est chargé du volet religieux ?
Les thèmes que nous avons traités ont été choisis en concertation avec Mustapha Samadi, docteur en études islamiques. De même, nous avons eu des séances de travail avec Dr Abdeljalil Jawdat qui s’est chargé de la préparation et la présentation du volet religieux vers la fin de l’épisode.

Que pouvez-vous nous dire à propos de la révélation Bassem Daoud ?
Bassem est mon fils. Sa participation à la série est d’un pur hasard. Il venait me rendre visite constamment sur les lieux du tournage. En voyant les enfants joués, Bassem , âgé à peine de deux ans et demi, réclamait de prendre part à la série. Ainsi, il a joué dans un petit acte qui apparemment n’est pas passé inaperçu. (Rires).

Envisagez- vous d’écrire une série dédiée à Bassem ?
Pas particulièrement à Bassem mais pour tous les enfants marocains. Nous avons grandi sur les traces de Aziz El Fadili. Nous avons également suivi «Ami Driss», «Snisla ou Nakous», sans parler des pièces du théâtre El Badaoui dédiée au jeune public. Je pense sérieusement à élaborer un concept pour faire revivre les productions de jeunesse.

Le théâtre El Badaoui a longtemps reproché le mutisme et la négligence des chaînes marocaines. Qu’est-ce qui a changé actuellement ?
Certes, nous avons longtemps réclamé notre présence dans la programmation télévisuelle, mais nous n’avons pas lâché prise. Pour illustrer, Ahwal Nass a été soumise depuis plus de 8 ans aux chaînes nationales. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’elle a été approuvée. Actuellement, nous rattrapons le temps perdu. En effet, on n’est pas les meilleurs mais nous présentons quand même un produit qui mérite d’être vu et jugé. Comme tous les Marocains, nous n’admettons pas la banalité dans les productions télévisuelles notamment celles programmées dans la grille du Ramadan. L’excellence et la pertinence ont toujours été notre cheval de bataille. D’ailleurs, c’est le devoir de tous les artistes à l’égard d’un public exceptionnel qui est le public marocain. En tant qu’artiste, mère et citoyenne, je ne tolère plus le «clownisme» auquel se livrent certains acteurs.

Quels sont vos programmes favoris durant le Ramadan ?
Pour la confidence, je ne suis pas les grilles marocaines durant mois de Ramadan. D’ailleurs les critiques publiées sur les colonnes des journaux argumentent mon choix. Cette année, je me focalise sur deux productions égyptiennes, à savoir «Zoj mama min» qui est une Sitcom présentée par la comédienne Hala Sidki ainsi qu’une émission de parodie qui s’intéresse aux mutations politiques en Egypte. Généralement, je préfère la spiritualité durant ce mois sacré. Je répartis mon temps entre le devoir religieux et mon fils Bassem pour compenser ainsi les longues heures d’absence passées loin de lui.

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