Hépatite : une inflammation du foie guérissable

Hépatite : une inflammation du foie guérissable

ALM : Dr Amine Mohamed, vous êtes spécialiste en gastro-entérologie depuis 1973 ; vous êtes amené à traiter et surveiller des maladies du foie, notamment l’hépatite virale. Comment vous pouvez la présenter pour nos lecteurs ?
Dr Amine Mohamed : L’hépatite est une inflammation du foie. On dit hépatite virale parce que causée par un virus. Il y a plusieurs variétés de virus. En pénétrant dans le sang, le virus va atteindre le foie et pénètre les cellules (un virus est plus petit qu’une cellule et se multiplie. Les moyens immunitaires tentent de détruire ces virus. Pendant cette période des signes cliniques tels que fièvre, fatigue importante, nausées, douleurs articulaires, douleurs abdominales, urines foncées peuvent apparaître. Parfois il n’y a pas de signes et la personne peut être porteuse de virus et développer plusieurs années plus tard une complication : cirrhose ou cancer. On compte 180 millions de personnes infectées dans le monde, c’est dire le problème de santé publique que cela représente, d’autant que le traitement est très coûteux et très long de 24 à 48 semaines.

De façon plus claire et plus simple, comment va évoluer cette maladie ? Et de quelle façon on risque de l’attraper ?
Prenez par exemple 100 personnes touchées par la maladie,15 vont guérir spontanément grâce à leur système de défense,85 développent la maladie. De ces 85, 60 patients feront une hépatite chronique qui doit être surveillée et traitée. Les 25 autres feront des hépatites minimes. Pour l’hépatite virale provoquée par le virus B, il n’y a pas de traitement. Fort heureusement, il existe un vaccin mis au point par l’Institut Pasteur depuis 1981 qui est très efficace. Il est vivement conseillé de se protéger contre l’hépatite virale B par ce vaccin. La transmission de la maladie peut se faire par contact sexuel ou par le sang ou par la réutilisation de seringues : toxicomanes. L’hépatite virale C est principalement transmise par voie sanguine. Il n’y a malheureusement pas de vaccins ce qui fait prendre à la prévention toute son importance.

Comment vous gérez la situation d’un patient atteint d’une hépatite virale C ?
Tout d’abord, il faut poser le diagnostic grâce à des examens spécialisés qui seront demandés par les confrères spécialistes par de simples prélèvements sanguins. Une fois le diagnostic retenu, on proposera un traitement qui va durer plusieurs mois sous surveillance et je veux insister sur la nécessité d’un suivi régulier avec l’adhésion totale du patient car la guérison est possible dans 40 à 80% des cas. Le suivi médical comporte, à côté d’examens de laboratoire,une étude histologique par une ponction biopsie du foie. Cet examen se fait par le prélèvement d’un bout du foie par une aiguille spéciale. Ce prélèvement sera examiné par un autre spécialiste qui, après la lecture, va nous renseigner sur le degré de fibrose, de nécrose et l’inflammation du foie. Cette méthode de diagnostic invasive dissuade les patient de la subir une fois sur deux. Pour cela, on propose d’autres examens.
Ce sont le Fibro test et l’Actitest qui étudient la fibrose du foie et l’activité de la cellule hépatique et qui renseignent sur le statut actuel de la maladie. Récemment est apparue une autre technique de suivi de la fibrose basée sur une nouvelle technique-l’élastométrie impulsionnelle-

Quel est le coût moyen de la prise en charge de cette inffection ? Et quel est le coût de sa prévention ?
Le coût moyen de la prise en charge d’infection par le virus de l’hépatite virale de type C et selon son typage est de 12000 DH par mois.
Ce traitement est long et demande 24 à 48 semaines, ce qui fait un budget de 72000 à 150 000 dh. Pour les mesures de prévention, elles sont communes aux maladies infectieuses en général : désinfection et règles d’asepsie rigoureuse. Il faut préférer le matériel à usage unique et surveiller les actes de pratique courante, notamment les soins infirmiers.
Il faut prendre également ses précautions pour des actes sexuels protégés en cas de maladie chez le conjoint. En insistant sur l’importance de la vaccination contre l’hépatite de type B.

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