Il était une fois Kénitra…

Il était une fois Kénitra…

Le patrimoine architectural de la ville de Kénitra fait l’objet d’une exposition de photographies à l’espace Balzac de Kénitra. Intitulée : «Kénitra, une architecture en mouvement», cette exposition sera inaugurée ce jeudi 25 novembre à l’espace Balzac.
Cette architecture en mouvement depuis les années 30 jusqu’à nos jours a soulevé l’intérêt et la curiosité d’un groupe d’étudiants de l’Université Ibn Tofail de Kénitra. Ce même intérêt les a poussés à réfléchir à un projet d’exposition afin de revaloriser le patrimoine architectural de leur ville. Un patrimoine menacé par les agressions du temps et peut-être même de l’ignorance de la population.
Ainsi, le projet de cette exposition « Kénitra, architecture en mouvement » est né en 2002 à l’initiative de l’atelier photographique de la Faculté des lettres Ibn Tofaïl de Kénitra et du directeur de l’Institut français de Kénitra de l’époque, Régis Dantaux. Sous la tutelle de Rachid Elyamoune, d’autres étudiants, Sanaâ Joubba, Nadia Nadim, Rachida Zaidi, Hicham Agoutime, décidèrent de tenter l’aventure.
Au cours de ces trois années, ils ont pu bénéficier de l’éclairage, technique et artistique de trois photographes français : Claude Philippot, Frédéric Ridacker et Jean-Claude Laffitte. Pour mener à bien leur opération de prise de vues, le groupe a reçu le soutien de l’Agence urbaine de Kénitra qui a inscrit cette exposition dans le cadre du projet «Valorisation du patrimoine architectural des années 30 de Kénitra ».
Ce projet consiste en la sélection des bâtiments à la mise en oeuvre d’actions de préservation, en passant par un vaste archivage photographique des façades en danger.
Selon les organisateurs de cette manifestation, la notion de patrimoine architectural est questionnée, révélée et défendue par la photographie. Les clichés des étudiants photographes portent les traces de l’histoire d’une ville et manifestent le rythme de son évolution. Une évolution qui fut marquée par le mélange de l’ancien au moderne. Cette confrontation de l’ancien au moderne crée un curieux échange et fait naître des interrogations au sujet de la démolition ou de la disparition des bâtiments anciens qui sont porteurs de toute une histoire. Avec le temps, ces vestiges anciens sont poussés à disparaître et à emporter avec eux l’histoire d’une cité. C’est là que les photographies viennent jouer le rôle de rappel de l’histoire. Les photos assurent la mémoire d’une ville. Ainsi, plus qu’un moyen d’expression artistique, la photo illustre la défense du patrimoine et interpelle les consciences.
Sur le mode de la chasse à l’image, l’exposition s’organise autour de quatre grandes thématiques. C’est une sorte de comparaison entre les photos d’aujourd’hui et photos d’archives des années 30 pour agrémenter ce voyage à travers le temps. Il s’agirait aussi de montrer l’évolution du panorama de la ville au cours des trois ans qu’a duré le projet mené par les étudiants de l’Université Ibn Tofail. Enfin, les photos se veulent révélateurs des détails de la vie d’une cité. Ce sont tous ces aspects importants dans le patrimoine architectural d’une ville, que les responsables ont souhaité dégager à travers cette exposition. Une façon également de réveiller les consciences et de sensibiliser la population sur le besoin de préserver l’architecture d’une cité. Ici, le cas de Kénitra est d’autant plus révélateur de l’existence de plusieurs joyaux de l’architecture des années 30. Kénitra connaît depuis ces dernières années un développement démographique et urbain galopant. Ainsi ont déjà disparu de nombreux immeubles, hôtels, équipements administratifs, villas ou monuments des époques coloniale et post-coloniale, et, avec eux, une partie de cet acquis architectural remarquable et de cet héritage qui témoignent des traditions esthétiques et de la mémoire collective des habitants. Seule la photographie peut aider à préserver cette mémoire et à garder la trace de l’architecture d’une cité.

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