« Il n est pas question de choquer mais d interpeller sur Jihad Al Nikah ».

« Il n est pas question de choquer mais d interpeller sur Jihad Al Nikah ».

ALM: Après avoir présenté votre exposition «Jihad Al Nikah» à Osaka, et à Tokyo, l’exposition s’installera à Valence (en Espagne), à partir du 6 novembre prochain, quelle est la particularité de cette exposition ?

Mustapha Romli: C’est la continuité d’un travail artistique que j’ai initié en 2012. C’est surtout une dénonciation d’un phénomène qui n’a rien à voir avec les principes de l’Islam tels que je les ai vus pratiquer par ma famille.

Vous interpellez sur le phénomène «Jihad Al Nikah» apparu en Syrie, pourquoi avoir choisi cette thématique ?

Je pense que ce phénomène n’a pas suffisamment été médiatisé alors que c’est quelque chose de très grave qui touche la communauté musulmane dans ses croyances et ses principes.

Que souhaitez-vous transmettre à travers vos œuvres?

Je crois que c’est un travail qui a été traité avec beaucoup de sensibilité. Il n’est pas question de choquer mais d’interpeller les gens, de les inciter à réfléchir à ce phénomène. C’est pourtant un sujet qui m’a choqué, car ainsi que je l’ai dit plus haut, il ne correspond ni à ma conception de l’Islam ni à celle des relations humaines.
Vous avez entamé plusieurs étapes afin de réaliser ce travail, parlez-nous en…

L’été dernier, j’étais en Bosnie à l’invitation d’une Fondation qui vise à encourager les rapprochements interculturels, à travers l’art plastique. C’est là que j’ai entendu parler pour la première fois de «Jihad Al Nikah». J’ai été amené ensuite à poursuivre ce travail à Montréal, à l’invitation d’une artiste, où le projet a continué à se nourrir avant de le poursuivre à la Résidence d’artistes Ifitry, près d’Essaouira. Il a ensuite intégré des inspirations japonaises qui sont entrées naturellement dans ce travail quand j’étais à Osaka et Tokyo pour finaliser mes deux expositions au Japon. Ainsi ce projet a eu le temps de mûrir et de se développer, nourri par des sensations, des inspirations, des pratiques captées sur quatre continents, un concours de circonstances non planifié mais qui est, en tout cas je le perçois ainsi, de la mondialisation, de l’interconnexion de notre monde.

Quelles impressions ont suscité vos œuvres sur le public du Japon ?

Je retiendrais sans doute leur surprise totale. Le public japonais m’a semblé très intéressé, très curieux. Ils avaient bien sûr entendu parler comme tout le monde du jihad, qui est pour eux lié à l’intégrisme radical. Mais le premier jihad n’est-il pas d’abord un jihad personnel qui consiste à se libérer des tentations qui vont à l’encontre des valeurs de l’Islam ?

Envisagez-vous de présenter cette exposition au Maroc ?

Absolument, cela devrait se faire en avril 2014.

Des projets à venir ?

Je suis en train de préparer une exposition à Pise en Italie en mars 2014 et une résidence d’artistes en Californie.

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