Il y a vingt ans, Hergé disparaissait

Depuis, si quelques ouvrages ont décortiqué l’oeuvre de ce novateur, celui que vient de lui consacrer son éditeur Casterman et intitulé le plus simplement « Hergé » est un album savoureux d’anecdotes, entrecoupées de ses premières planches au trait hésitant -pour la plupart méconnues- et de ses doutes.
Travail de titan, ce livre parsemé d’entretiens contient les témoignages de 37 auteurs, dont ses proches collaborateurs Bob de Moor et Jacobs, ainsi que des personnalités aussi diverses que Haroun Tazieff qui fut à 14 ans, alors qu’il arrivait de Russie, son ami d’enfance dans les rues de Boisfort près de Bruxelles.
Le futur volcanologue, sous la plume d’Alain Dugrand, le définit ainsi: « Je le comparais à Jules Verne. Il était avide de savoir ». Car Hergé aimait très tôt se raconter des histoires et les croquer. A cette époque, jugeant ses illustrations quelconques, ses maîtres émettaient un avis commun. Bon dans toutes matières… sauf en dessin! A noter que son premier album, « Tintin au pays des Soviets », est estimé aujourd’hui selon qu’il est numéroté ou non entre 1.530 et 3.815 euros! Né donc en 1929, Tintin, s’il est très vite reconnu comme un héros, n’en suscite pas moins pu fil de ses péripéties des détracteurs. D’une part, il ressemble à s’y méprendre à son auteur et bien que reporter n’écrit pas une ligne! De plus, acoquiné au capitaine Haddock, buveur exalté usant d’un langage vert, Hergé se voit, après la parution du « Crabe aux pinces d’or », taxé de vulgarité. Vilipendé, « Tintin au Congo » lui vaut le qualificatif de raciste et « Tintin en Amérique » de réactionnaire. Ces albums n’en constituent pas moins des messages politico-fraternels, ce qui fera dire loin en tête pour sa défense, la très fameuse trouvaille signée du général De Gaulle: « Hergé est mon seul rival international ».

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