Immobilier : La maison écologique, le nouveau rêve français

Immobilier : La maison écologique, le nouveau rêve français

Après sept ans d’existence, la Maison écologique, bimestriel indépendant, revendique la tête des ventes d’un secteur dont il a été pionnier, avec 15.000 abonnements et un tirage de 100.000 exemplaires.
Un succès remarquable pour un produit lancé sans moyens par une petite société éditrice. Cette coopérative ouvrière de production (Scop) emploie aujourd’hui huit salariés à Bazouges-sous-Hédé, commune rurale à une vingtaine de km au nord de Rennes.  Le magazine a été consacré fin 2007 à Berlin par le prix européen Eurosolar, une référence dans le domaine des énergies renouvelables.  La Maison écologique cultive un esprit d’enquête, avec des dossiers approfondis comme sur le chauffage au bois dans le dernier numéro de décembre-janvier. Le principe c’est «du concret, du pratique, des retours d’expérience, avec des contacts, des listes de fournisseurs», explique le fondateur Yvan Saint-Jours. «Les gens sont en recherche de renseignements. Ils ont entendu parler
de matériaux propres, d’économies d’énergie… Mais l’information est rare», poursuit ce militant écologiste formé par l’association Le Cun du Larzac durant son service civil comme objecteur de conscience.
La découverte en 1993 de ce centre de formation, avec ses maisons de paille, ses WC sans eau et ses éoliennes, l’a profondément marqué.  Animateur dans une association écologiste sous statut d’emploi jeune, il s’en est inspiré pour démarrer le magazine en février 2001. «J’avais galéré pour rénover une maison en Normandie. Je me disais que ça valait le coup de lancer quelque chose sur ce thème», explique cet ancien élève des Beaux Arts et d’une fac de chinois, deux cursus qu’il n’a pas terminés.
Avec son associée, une comptable qui apporte au projet son pragmatisme, et un solide réseau dans le milieu écologiste, Yvan Saint-Jours fabrique son premier numéro à l’aide d’un micro-ordinateur, une imprimante et un scanner financés par ses parents.
En pleine déprime de la presse écrite, le succès du numéro Un tiré à 3.000 exemplaires est immédiat, ce qui ne l’étonne pas vraiment. «Les gens ont besoin de magazines qui portent du sens», commente-t-il.
L’initiative a d’ailleurs fait des émules. Trois autres titres sont sortis sur le même créneau: Habitat naturel, Future e-maison et Planète bâtiment. Un quatrième, Ecologik, doit sortir début février. Yvan Saint-Jours se réjouit du nouvel engouement pour l’écologie. «C’est génial, même la presse conventionnelle à grand tirage développe des rubriques sur le sujet». Mais il reconnait le risque, désormais, de voir les idéaux de départ noyés par le business. La Scop, qui co-organise depuis 2004 le salon annuel "Bâtir écologique " à Paris, a choisi de limiter la publicité à cinq pages sur 62, et refuse de nombreux annonceurs. «On respecte nos lecteurs. Si on voit qu’un produit est mauvais, on l’enlève. On n’est pas lié économiquement à la publicité», souligne le journaliste militant. Signe de son succès, La Maison écologique a racheté l’ancien presbytère de Bazouges-sous-Hédé qu’elle va rénover pour en faire un siège social selon les meilleures normes environnementales.

Daniel Aronssohn (AFP)

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *