Intolérance grandissante: A qui incombe la responsabilité ?

Intolérance grandissante: A qui incombe la responsabilité ?

Entre une machine éducative, une autre médiatique, des impératifs politiques et différence ethnique, la tolérance n’est pas facile à définir, encore moins à uniformiser. Lors du Colloque interculturel du Concert pour la Tolérance tenu le 9 novembre à Agadir, un panel d’éminentes personnalités s’est livré à l’exercice de débattre du concept même de la tolérance, de ce qui ampute cette valeur et de ce qui devrait se faire afin de l’ancrer davantage. «Dialogue des cultures et culture du dialogue » était le thème de cette rencontre. ALM y a pris part et vous en fait le tour.

Qu’ils soient représentants de la sphère artistique, diplomatique, politique, culturelle ou encore médiatique, les intervenants lors du colloque interculturel ont mis le point sur d’importantes facettes du concept même de la «tolérance». Si certains font endosser la dégradation des valeurs et de la tolérance à des éléments purement stratégiques et politiques, d’autres estiment que l’éducation est un vecteur essentiel de pérennisation des valeurs de tolérance. Tel est le cas de Mohamed Tozy.

Ce politologue et écrivain marocain n’a pas manqué de montrer du doigt les manuels scolaires qu’il critique fortement dans la mesure où ils seraient «porteurs de beaucoup de messages d’intolérance». «Il faut que tous les efforts convergent pour corriger cela. C’est d’un réel danger culturel qu’il s’agit», s’alarme-t-il.

On a beau croire que tout est question d’éducation mais «la formation n’empêche pas la barbarie». C’est du moins ce que nous apprend Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat français et membre du groupe sénatorial d’amitié France Maroc. Ayant pris part à ce colloque qui se tient en marge du Concert pour la Tolérance, Bariza Khiari a préféré s’arrèter sur le rôle qu’ont les producteurs de culture dans tout dialogue interculturel. Pour elle, «un artiste est un élément précieux dans toute société. Nous devons le protéger en temps de paix ou pas car, quand les libertés publiques sont menacées, les artistes sont les premiers à dénoncer et en cela, ils nous protègent».

Outre leur rôle de «premiers barrages» à tout abus, cette même source estime que l’éducation à la culture est la base d’une humanité porteuse de valeurs d’ouverture et de tolérance. Loin des arts et de l’éducation, le doyen de la Faculté des lettres d’Agadir, Ahmed Sabir, s’interroge sur la possibilité de concilier entre modernisation et tolérance. Il estime qu’avec la mondialisation, une résistance se crée chez des entités culturelles qui risqueraient de s’effacer au profit d’autres plus dominantes.

Au milieu de toutes ces questions les médias ne seraient pas dans le box des innocents. Les qualifiant de «machines de guerre», par moment, et de paix dans d’autres circonstances, le grand reporter Olivier Weber revient sur les excès médiatiques et explique comment la presse devrait se ranger du côté de la société civile pour former un champ de contre-pouvoir. «C’est la garantie de toute bonne cohésion citoyenne du monde», conclut-il.

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