Jalal Mikou : Notre design se défend bien

Jalal Mikou : Notre design se défend bien

ALM : Quels types d’œuvres allez-vous exposer lors de cette édition 2006 de «Maroc design»?
Soumiya Jalal Mikou : Je propose une nouvelle collection. En me basant toujours sur le tissage, je viens d’intégrer une nouvelle matière naturelle : le cuivre.  Je réalise des pièces de tissage au fil de cuivre tout en préservant la même démarche artistique qui est de mettre en valeur nos matériaux traditionnels.

Comment s’est opérée cette évolution ?
Au départ j’avais un peu peur, c’est normal. A chaque fois qu’on tente un nouveau matériau, on doit prendre un risque. Je suis aujourd’hui passée d’une phase d’exploration à une phase de travail de plus en plus rigide. Je crée des œuvres en texture de paroi en moins souple. C’est une tendance qui s’installe surtout dans les lignes architecturales.

Quels sont vos clients potentiels ?
Avant de parler de clients, j’aimerais préciser que mon travail de designer s’articule autour de trois niveaux. Je mène souvent la direction artistique de toute sorte d’exposition au Maroc comme à l’étranger. Je suis également programmée dans les musées internationaux. Le deuxième volet est celui de la recherche et du développement. J’explore des matériaux traditionnels et j’en confectionne entre autres des tissus pour fauteuils ou canapés. Mon but est d’inventer de nouveaux tissus qui puissent s’allier parfaitement bien aux lignes d’architecture d’intérieur contemporaine. Enfin, le troisième volet est celui de la formation. Je dirige de ateliers de formation pour des tisseuses traditionnelles dans plusieurs régions du Maroc. Ce sont des ateliers réguliers qui visent à produire des créateurs européens. On a besoin dans notre pays d’une élite d’artisans. C’est de cette manière que notre design peut s’affirmer à l’étranger.

Avez-vous des commandes de la part des particuliers ?
Je confectionne des tissus d’ameublement qui peuvent aussi bien servir pour décorer des maisons de particuliers que des espaces publics. Les institutions et les organismes d’Etat font parfois partie également des demandeurs de ce tissu.

Croyez-vous que le design marocain s’exporte bien à l’étranger ?
Nos créateurs sont très demandés à l’étranger.
Ils ont atteint un niveau de production internationale. Preuve en est aujourd’hui que nos jeunes stylistes arrivent à bien exporter leurs caftans à l’étranger. Il y a une dynamique intéressante. Nos créations se penchent beaucoup plus vers un savoir-faire précis qui a sa touche d’originalité. C’est ainsi que nos produits se défendent très bien. Je pense qu’il n’y a pas de raisons  pour que le design marocain ne s’affirme pas en dehors du territoire national.

Quel est votre matériau de prédilection ?
La laine est mon matériau de prédilection. C’est avec cette matière que j’aime le plus souvent réaliser mes tissages. La laine se prête bien à toutes sortes de styles de tissage. Il peut être apprivoisé, à condition de bien le sentir et de développer des recherches dans le but de faire évoluer son tissage. C’est un matériau que j’affectionne et que je continuerais à explorer.

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