Jalil Tijani dresse un portrait de la société marocaine

Jalil Tijani dresse un portrait de la société marocaine

Il revient sur les planches avec «Jeux de société» à Rabat

Le jeune humoriste Jalil Tijani est de retour sur les planches avec son one-man-show «Jeux de société». Ce comédien rbati se produira sur scène les 18 janvier et 1er février au Centre culturel de Rabat.

Écrit par lui-même, «Jeux de société» dresse un portrait de la société marocaine à travers une galerie de personnages pleins d’esprit et de contradictions assumées. «Les sujets qui m’ont inspiré sont nombreux et variés. J’y aborde les clivages d’une société, certaines de ses mœurs. Le processus d’écriture est né d’une nécessité, celle de désamorcer des tensions par le biais du rire. C’est, si l’on peut dire, une revanche sur le réel, une volonté de le réécrire», explique-t-il. Il faut dire que Jalil Tijani évoque à travers son spectacle hilarant un Maroc dont l’identité évolue au gré des rencontres. En premier lieu, il s’intéresse à un personnage, celle d’une femme, enclavée dans son quartier chic, hermétique au reste de la société et empêtrée dans ses automatismes. «J’ai, chez cette dame, tenté de révéler la part de raideur qu’elle a laissé s’immiscer en elle, et qui fait d’elle un caractère imitable et caricatural».

L’artiste met également en scène un fonctionnaire prêt à toutes les contorsions pour flatter son patron et obtenir une promotion. «J’ai, dans la construction d’autres personnages, eu recours au même procédé. C’est ainsi que j’interprète un jeune homme souffrant de monomanie salariale («qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu deviens, t’es à combien ?»), une jeune fille encline à un matérialisme carnivore ou encore un cadre caressant et soumis, prête à tout pour gagner les faveurs de son patron («vous me connaissez a sidi, je suis quelqu’un d’intègre et j’ai toujours dit ce que vous pensez…»). Outre ces personnages, l’humoriste essaye de dépeindre le portrait d’un chauffeur de taxi casablancais, dépassé par certains rouages de notre époque, à savoir le crédit. «Je suis uni par les liens sacrés du crédit à la banque», dit-il. Il faut dire que Jalil Tijani s’est fait connaître en jouant en 2016 la première partie du one-man-show de Karim Duval. Son personnage de la «fille de la corniche» qui appelle les garçons par les marques de leurs voitures avait marqué les esprits.

Quelques semaines plus tard, son spectacle «Jeux de société» rencontrait un énorme succès dans l’ensemble des Instituts français du Maroc. De retour au Maroc après trois années fructueuses passées à l’École du Jeu à Paris, Jalil Tijani rejoint l’équipe marocaine d’improvisation, avec laquelle il multiplie les tournées, notamment à la Cigale à Paris. Il fait également ses débuts sur le petit écran dans la série française Kaboul Kitchen de Canal +, ainsi que dans Looking for Oum Kulthum, le long-métrage de la réalisatrice iranienne Shirin Neshat.

Fruit d’une réflexion initiée lors de ses études en France, c’est au Maroc que le comédien a écrit son premier spectacle «Jeux de société». Sa plume aiguisée et son esprit satirique donnent vie à une galerie de personnages évoluant dans la société marocaine, imaginaires et pourtant plus vrais que nature.

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