Jamours contre Noujoum

Jamours contre Noujoum

La nuit des Jamours a été reportée, en raison d’une bousculade. C’est ainsi que son initiateur, Faouzi Chaâbi, explique l’ajournement à une date ultérieure de cette soirée qui consacre les meilleurs programmes et personnalités du petit écran marocain. Elle devait être diffusée sur la deuxième chaîne le 22 novembre, qui correspond à la nuit sacrée, avec la certitude de briller un peu plus lors de cette quatrième édition. Seulement, c’était compter sans « Noujoum B’ladi », une émission également programmée pendant la soirée du 22 novembre, mais sur la première chaîne cette fois-ci. La soirée de la TVM veut récompenser « les meilleurs talents et les meilleures émissions de nos chaînes nationales depuis leur création », indique un communiqué. Deux soirées, fondées sur un concept similaire, étaient donc programmées simultanément, l’une sur 2M, l’autre sur la TVM. La petite famille des artistes et des professionnels de la télévision marocaine allait être partagée entre la soirée de 2M prévue à Rabat, et celle de la TVM organisée à Casa. Et si des membres de cette famille étaient primés à la fois par les deux chaînes? Comment feraient-ils pour se rendre en même temps dans les deux villes ? Sans parler du dilemme hautement cornélien auquel ils seraient confrontés s’ils devaient arrêter leur choix sur l’une des soirées. C’est pour éviter “le ridicule” de cette situation que Faouzi Chaâbi a pris la décision – “par courtoisie” – de laisser le champ libre aux initiateurs de « Noujoum B’ladi ». Il a expliqué que le but de la Nuit des Jamours ne consiste pas à créer une émulation entre les deux chaînes, mais entre leurs produits. Ajoutant que les deux événements risquaient de « se cannibaliser » s’ils étaient programmés la même soirée. La soirée des Jamours ne favorise pas, selon son initiateur, l’une des deux chaînes. C’est pour éviter tout favoritisme qu’elle a été conçue pour être diffusée en alternance, une année sur 2M, l’autre sur la TVM. Avec des termes condescendants, Faouzi Chaâbi a qualifié « Noujoum B’ladi » de « copie » de la « Nuit des Jamours ». Il n’a écarté aucune éventualité dans ce sens, y compris le recours à la justice pour plagiat. « Nous pensons très sérieusement les poursuivre en justice ». Qui se cache derrière ce “les” ? « Je ne les connais pas. Il s’agit sans doute d’une organisation qui travaille en sous-marin!» Il est vrai que le communiqué annonçant la soirée de Noujoum B’ladi n’est pas prodigue en informations sur l’identité de ses organisateurs. On y apprend seulement que les émissions en compétition sont « sélectionnées et jugées par l’Association des anciens fonctionnaires de la RTM ». En fait, la soirée est organisée par la TVM, en collaboration avec les publications « Al Ahdat Al Maghribia », « Canal aujourd’hui » et « La gazette du Maroc ». Cette soirée est placée sous l’égide du ministère de la Communication qui ne serait pas étranger à la décision du report de La Nuit des Jamours. Les critiques qui ont fusé de toutes parts sur la troisième édition de cette soirée sont vraisemblablement à l’origine de l’organisation de Noujoum B’labi. Quant au concept de Noujoum B’ladi, il n’est pas tout à fait conforme à celui de La Nuit des Jamours. La soirée de la TVM s’attache à rendre hommage à des personnalités qui ont marqué l’histoire la télévision marocaine. Elle convie les téléspectateurs à « un grand voyage dans le temps » : 40 ans de télévision. Elle s’attache dans ce sens plus à l’histoire de la télé qu’à son actualité. Mais son concept est si large qu’il n’occulte pas non plus les productions actuelles des deux chaînes. Et c’est en cela qu’il risquait d’y avoir des heurts entre les deux émissions, la soirée du 22 novembre.

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