«Je m’épanouis dans la prod»

«Je m’épanouis dans la prod»

ALM : Vous êtes membre du Jury documentaire lors de cette treizième édition du Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan. Le public marocain n’a pas l’occasion de vous voir. Où étiez-vous passé ?
Nezha Drissi : En fait, cela fait près de vingt ans que je vis France. J’ai évolué dans le milieu audiovisuel. Après avoir produit pour la première fois dans les années 80 un cinéaste qui n’avait jamais réalisé de films, j’ai eu tout d’un coup l’envie de faire de la production audiovisuelle mon métier. C’est ainsi qu’en 2000 j’ai décidé de créer ma boîte de production " Télévision, audiovisuel, cinéma pour tous" (TACT) à Paris. La même année je me suis lancée dans la production de documentaires sociaux et économiques. Je pense personnellement que le documentaire est un outil de dialogue, c’est également un outil de curiosité. Tous ces avantages et les bienfaits du documentaire ont fait que je me suis penchée vers ce genre en particulier.

Aujourd’hui n’envisagez-vous pas de vous installer au Maroc ?
Il y a trois ans, j’étais venue au Maroc dans l’intention de m’y installer et de travailler dans mon domaine. Mais je me suis confrontée à une mentalité et des situations qui m’ont déçu. Je n’étais plus sûre que je pouvais réaliser des choses dans mon pays. J’ai fini par changer d’avis et je suis retournée à Paris. J’ai passé une année sabbatique pour me changer les idées et pour réfléchir sérieusement à mon avenir. En 2005 j’ai passé près d’un mois au Maroc et j’étais surprise de voir que mon pays avait évolué en un laps de temps très court. L’envie de créer ma propre boîte de production dans mon pays a commencée à refaire surface et j’ai décidé de lancer la machine et de concrétiser mon projet.

Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?   
En 2005, une vraie porte s’était ouverte devant moi. J’avais pu voir toutes les infrastructures et tous les projets socio-économiques qui avait été lancés au Maroc. J’ai remarqué qu’il y avaient une certaine effervescence. Je voulais participer pour ma part à cette dynamique. Pendant le mois que j’ai passé au Maroc, j’ai commencé à constituer un réseau et à travers les discussions avec des amis, j’ai commencé à avoir plus de visibilité.

Ne pensez-vous pas que les difficultés rencontrées au départ pourraient refaire surface ?
Je me suis réconciliée une fois pour toutes avec le Maroc. Je suis confiante et je pense qu’il y a aujourd’hui un air beaucoup plus actif que par le passé. Je suis une battante et je ne baisserais pas les bras. Je m’épanouis dans la production et j’aime accompagner les projets. Je suis prête à le faire au Maroc.

Dans quelle ville allez-vous créer cette maison de production et avez-vous des associés ?
Ma boîte de production existe depuis février 2007. Elle est située dans la ville d’Agadir. Je considère que cette ville représente la porte du Sud. Elle recèle un très bon potentiel économique et culturel. Je pense qu’il faut contribuer à favoriser une sorte de décentralisation. Casablanca et Rabat ne sont pas les seules villes existantes.

Pourquoi avez-vous opté pour la ville d’Agadir ?
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne suis pas native d’Agadir. Je suis née à Salé et à l’âge de 17 ans, après avoir décroché mon baccalauréat, je me suis rendue à Lyon pour poursuivre mes études supérieures. Par la suite, j’ai eu un regain de conscience et je suis revenue pour m’occuper de mes petits frères. Une fois qu’ils sont devenus assez grands, et qu’ils n’avaient plus besoin de moi, je suis retournée à Paris.

Comment concevez-vous le métier de producteur ?
Pour être un bon producteur, il faut avoir le sens des affaires et être créatif en même temps. Il est nécessaire également pour un producteur d’avoir un bon sens de la communication et posséder une culture générale.

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